‹ Napoléon en ItalieChapitre 57 sur 423 · A(T. Etr., Turin, n' 279, r · texte numérisé non relu

A(T. Etr., Turin, n' 279, r

2. A(T. Etr., Turin, n' 279, f" 74, 87, 88, 94, 99, i03, 106.

suffire aux coDtribulions qu'on exigeait de lui. Suivait une longue liste des abus de Tadministration française, des officiers et fournisseurs. C'est la même histoire qu'à Milan. Ivrée était écrasée par le commissaire Clareton. A Mondovi, des réquisitions incessantes étaient faites par des individus sans mandat. A Voghera, le capitaine de gendarmerie Larraux saccageait le village de Casci sous prétexte que lé domestique d'un capitaine français y avait été volé, quoique les habitants eussent eux-mêmes arrêté le voleur et faitf estituer les effets volés. A Casai, le commissaire Rivaud faisait séquestrer tout le sel, par droit de conquête, puis il le rendait moyennant la moitié de sa valeur en argent, qu'il fixait à 40 000 francs; la municipalité donnait sa démission, incapable d'administrer dans de telles conditions. Le capitaine d'artillerie Misaque, commandant du district de Borgomaro, exigeait, outre ses rations journalières en viande, pain et vin, 50 écus par mois pour sa paye. A Alexandrie, le général commandant Casablanca exigeait pour sa table, celle du commandant de la place et celle du commissaire des guerres, 150 livres par jour. A Acqui, le général Raoul était plus modeste ; il se faisait verser pour sa table 350 livres pendant une décade, il fixait ensuite cette redevance à 500 livres par mois. Mêmes exactions à Coni, à Saluces, à Loano, à Oneille.

La source principale des abus était dans les sous-entreprises abandonnées par les entrepreneurs, avec des bénéfices de 34 ou 35 p. 100, à des agents subalternes, gardes-magasins, sousgardes-magasins, tous acharnés au pillage du malheureux pays. Le gouvernement piémontais avait demandé à fournir lui-même les approvisionnements nécessaires; il n'avait pas pu l'obtenir; il lui fallait en passer par les volontés arbitraires des commissaires français. Il n'y pouvait plus sufffire : son revenu annuel était de 15 millions; comment aurait-il pu fournir aux généraux français une contribution de 1 500000 francs par mois ou de 18 millions par an? Si ces plaintes n'étaient pas entendues, la commission de gouvernement priait le Premier Consul d'accepter sa démission*.

Jourdan observait qu'il serait juste de tenir compte de cette situation, qu'il convenait de réduire la contribution; il en parla à

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