‹ Napoléon en ItalieChapitre 58 sur 423 · Aff. Etr., Turin, n* 279, f · texte numérisé non relu

Aff. Etr., Turin, n* 279, f

Brune, successeur de Masséna; Brune s'y montra disposé et fit cesser quelques abus.

Mais aussitôt Talleyrand écrivit, sur ordre du Premier Consul : « Il faut que la contribution mensuelle de 1 300 000 francs soit acquittée dans le plus bref délai; si les membres du gouvernement offrent encore leur démission, il faut l'accepter et les remplacer immédiatement par d'autres *. »

Cela arriva au bout de peu de temps. Au premier renouvellement de ses plaintes, le gouvernement provisoire piémontais fut destitué. Ce fut l'objet d'un arrêlé que Jourdan publia le 2 octobre 4800, d'après les ordres de Brune. Le nouveau gouvernement fut ainsi composé : Galli et Braida, qui faisaient partie du précédent; Botta, membre de la Consulte; Bossi, ministre à Gênes; Debernardi, Cotta et Giulio. Parmi eux Bossi, dont on connaît les opinions très françaises, Botta et Debernardi, furent chargés spécialement de la direction des affaires, sous la dénomination de commission executive. Le changement dans le pouvoir exécutif fut donc complet; l'autorité fut concentrée. Jourdan, comme Petiet à Milan, prit l'habitude d'assister à toutes les délibérations de la commission executive. Elle était d'ailleurs dévouée à la France; elle adressa aussitôt au Premier Consul ses assurances de soumission; dans une proclamation à ses concitoyens, elle se déclara disposée « à resserrer de plus en plus les rapports des deux nations, à augmenter et cimenter entre elles la confiance réciproque si nécessaire ». En réalité ces changements firent mauvais effet; les. membres de la commission nouvelle furent accusés de servilité, et il faut avouer qu'ils étaient plus encore que leurs prédécesseurs des créatures du Premier Consul : c'est pour cela qu'ils avaient été nommés*.

Le Premier Consul leur rendit comme à plaisir la lâche difficile. Il leur fit connaître, pour leur avènement, l'arrêté qu'il avait rendu le 20 fructidor ou le 7 septembre précédent. Il détachait du Piémont et annexait à la Cisalpine tous les pays compris entre la Sesia et le Tessin, il fixait la Sesia comme limite entre les deux pays *.

!. Aff. Elr., Turin, n* 279, f** 193-194 : TaUeyrand à Jourdan, 17 fructidor VÎII (d'après une lettre du 1*' Consul, du 15 fructidor : Ck)rr., VI, 5079).

2. Aff. Elr., Turin, n» 279, f»' 231-234. — Sardaigne, n* 280, P' 31-39.

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