‹ Napoléon en ItalieChapitre 59 sur 423 · Corr., VI, 5091. — Aff. Etr., Turin, n« 279, f · texte numérisé non relu

Corr., VI, 5091. — Aff. Etr., Turin, n« 279, f

Celte mutilation nouvelle du Piémont y fut extrêmement pénible, après celle de Nice et de la Savoie; les pays à Test de la Sesia avaient été acquis en 1738 par le traité de Vienne, et c'était le fruit de l'alliance de la maison de Savoie avec la France dans la guerre de la succession de Pologne. Le Piémont se trouvait acculé étroitement à la base des montagnes, sans horizon, pour ainsi dire. De plus Bonaparte pressait la construction de la route du Simplon, qui devait nuire grandement à celle du Mont-Cenis et enlever au Piémont les principaux bénéfices du transit entre la France et ritalie. Les partisans de la France eux-mêmes, jusque dans la commission executive, perdirent Tespérance d'une annexion h leur puissante voisine : elle n'aurait pas, pensaient-ils, ainsi diminué le Piémont si elle avait dû le prendre ; sans doute le Premier Consul avait l'intention de restituer le Piémont à la maison de Savoie, et pour la rendre moins dangereuse il mutilait ses États de tous côtés. Aussitôt on cessa d'acheter des biens nationaux :/t)n n'était pas assez sûr du lendemain.

Dès lors on ne vit plus que les niaux de l'occupation française. Le mécontentement fut général et même assez inquiétant : Brune reçut de Paris l'autorisation de réduire la contribution mensuelle à 1 million de francs au lieu d'un million et demi. Talleyrand écrivit à Jourdan qu'il fallait encourager les Piémontais à la patience, leur dire d'avoir confiance dans le gouvernement français, qui songeait à leurs intérêts, qui les défeiyirait lors des négociations de la paix générale : désormais ce ne pouvait pas être très long. Le Premier Consul écrivit lui-même à la commission executive que la France ne cessait pas de s'intéresser au bonheur du Piémont, qu'il fallait avoir confiance en sa force, que la dernière mesure sur la limite de la Sesia était uniquement d'administration militaire et destinée à assurer des communications plus faciles aux armées pour la défense du pays ^

Jourdan se crut autorisé alors à déclarer que les efforts du gouvernement français seraient toujours « dirigés vers l'objet d'assurer à ce pays l'existence d'un Ëtat indépendant ». Jourdan s'avançait beaucoup. La commision se hâta d'enregistrer cette promesse et en exprima au ministre sa joie et sa reconnaissance.

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