Coït., I
7500000 livres, plus 2 500 000 livres en denrées, poudres et autres munitions de guerre à déterminer par le général en chef; il dut livrer vingt tableaux, à prendre dans sa galerie ou dans ses Étais, au choix des commissaires français qui y seraient envoyés ^.
On (ut plus aimable pour le grand-duc de Toscane qui avait, rannêc précédente, obtenu la paix à Bâie. Pourtant, malgré ses proteslalions, le port de Livourne fut occupé militairement, afin d'en éloigner le commerce anglais. Le grand-duc d'ailleurs prolesta seulement pour la forme. Bonaparte s'y rendit lui-même; il passa par la République de Lucques qui lui fournit, de gré à gré, 6 000 fusils. Il s*arrôta un moment à Livourne, pour y installer une bonne garnison, sous le commandement du général Vaubois. Puis, accompagné du général Berthier et d'une partie de son étatmajor, il s^'en alla par Florence. Il y fut parfaitement accueilli; le grand-duc lui donna un grand dîner qu'il crut devoir accepter. a J'ai vu à Florence, écrivit-il au Directoire, la célèbre Vénus qui manque à noire Muséum, et une collection d'anatomie en cire qu'il ne serait pas indifTérent d'avoir*. »
Aussi bien Bonaparte n'était-il pas disposé à toujours ménager la Toscane; il écrivait quelque temps après à Miot, qui avait été envoyé à Florence : « Dissimulez avec le grand-duc; s'il se conduit mal, il paiera tout à la fois; ces gens-ci sont peu à craindre. » 1^ grand-duc ne se conduisit pas mal et paya tout de même.
Venise enfin commençait de s'émouvoir de la violation de son territoire par les belligérants, et son gouvernement aristocratique montrait déjà des dispositions peu favorables aux Français; il était manifeste que c^s événements ne pouvaient pas lui être a^Mlageux. Il était riche aussi et quelques malentendus avec lui pouvaient être fructueux. Bonaparte écrivait donc au Directoire : « Je suis maître de toutes les places fortes de la République de Venise sur TAdige. Peut-élre jugerez-vous à propos de commencer dès à présent une petite querelle au ministre de Venise à Paris, pour que, après la prise de Mantoue et que j'aurai chassé les Autrichiens de la Brenla, je puisse trouver plus de facilité pour la demande que vous avez intenlion que je leur fasse de quelques millions' ».
i. Corr., 1, i39.