AIT. Etr., Turin, n« 280, f
CepeDdant Bonaparte négociait avec le roi de Sardaigne. Les avances étaient venues de lui. Au lendemain de Marengo, il avait fait ses confidences à Tévêque de Verceil, Martiniana, et lui avait exprimé le désir de s'entretenir avec le ministre piémontais, M. de Saint-Marsan. Le roi et son ministre n'y mirent pas beaucoup d*empressement ; ils rappelèrent qu'ils avaient des engagements avec les puissances alliées, notamment avec la Russie, TÂngleterre et la Prusse, et qu'ils allaient les prévenir de Tobligeante démarche du Premier Consul*. Évidemment Charles-Emmanuel ne se souciait pas de traiter en tète à tète avec Bonaparte : il craignait de n'être pas de force.
Bonaparte renouvela son invitation en septembre 1800; il envoya des passeports à Saint-Marsan et lui demanda de ne pas passer par Turin, de voyager secrètement, de ne faire connaître à personne l'objet de sa mission *.
Avant de partir pour Paris, Saint-Marsan eut alors connaissance de rarrêté consulaire qui détachait du Piémont les pays de la rive gauche de la Sesia. Il trouva ce procédé assez peu convenable au moment d'ouvrir des négociations et il en exprima son étonnement : peut-être cette mutilation du Piémont était-elle un moyen de héler son voyage, en lui faisant craindre d'autres remaniements territoriaux. Il ne le comprit pas ainsi; il annonça^qu'il passait d'abord par Berlin; il demandait que le gouvernement français indiquât ses bases de négociations, pour que le roi de Sardaigne pût dresser ses instructions en conséquence; il priait qu'on lui envoyât ces renseignements à Berlin, par l'ambassadeur de France ou même « par le canal du cabinet de S. M. le roi de Prusse' ». Il se retranchait décidément derrière les grandes puissances; ce n'était pas, avec Bonaparte, le moyen d'avancer ses affaires, en supposant que ce fût le moyen d'en améliorer le règlement. Bien entendu, il n^obtint pas les indications qu'il réclamait; il s'attarda à Beriin.
11 n'arriva enfin à Paris que le 16 février 1801, au lendemain