‹ Napoléon en ItalieChapitre 66 sur 423 · Aff. Etr., Sardaigne, n*» 281, r · texte numérisé non relu

Aff. Etr., Sardaigne, n*» 281, r

La fin d'avril arriva. Le mois de mai et presque tout le mois de ^n se passèreut. On s'aperçut à la fin de juin que Saint-Marsan était encore à Paris. Le ministère de la police générale lui envoya, le 27 juin, Tordre de partir dans les quatre jours. Le minisire piémontais fut très ému; il s'adressa à Tambassadeur russe Kalytchef, qui se plaignit au citoyen Gaillard, chargé des relations extérieures en l'absence de Talleyrand : il faisait observer que la mission de M. de Saint-Marsan avait un double objet, de traiter de la paix avec le gouvernement français et de concourir avec la Russie aux arrangements pour la pacification générale, que ce deuxième objet, à défaut du premier, rendait sa présence nécessaire à Paris, que, si Ton persistait à exiger son départ, le soussigné se verrait à regret obligé d'en informer sa cour. Saint-Marsan protestait de son côté contre cette mesure « lésive du droit des gens > : il avait été accrédité auprès du nfinistre des relations extérieures; il ne pouvait recevoir d'ordre du ministre de la police générale.

Jusqu'au 2 juillet, terme du délai fixé par la police, Kalytchef et Saint-Marsan n'eurent pas de réponse. Le 2 juillet, Saint-Marsan reçut la communication suivante, « sur ordres du Premier Consul » : '« Les motifs qui avaient dicté sa première détermination relativement à votre voyage en Italie n'ont pas changé, et votre séjour à Paris ne pouvant avoir aucun objet plausible tant que le roi de Sardaigne n'aura pas souscrit aux clauses préliminaires indiquées, il est indispensable que vous vous rendiez le plus promplement possible auprès de ce prince pour lui faire connaître à quelles conditions le gouvernement de la République consent à traiter avec lui.

€ Dans votre lettre du 24 avril, vous me marquâtes un empressement convenable de remplir relativement à votre voyage les intentions du Premier Consul. Votre départ y était annoncé pour deux ou trois jours seulement après Tenvoi des passeports transmis. Vous sentez, Monsieur, combien j'ai dû être surpris d'apprendre plus de deux mois après que vous étiez encore à Paris. Les motifs que vous alléguez de la prolongation de votre séjour à Paris lorsqu'il n'était plus autorisé, n'étaient pas de nature à faire impression sur l'esprit du Premier Consul. Vous pouviez attendre les ordres du roi à peu de distance de sa résidence; votre mission

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auprès du ministre de l'Empereur de Russie ne saurait donner à votre existence en France un caractère indépendant des déterminations du gouvernement de la République.

« En conséquence je ne puis que vous référer vous-même à votre lettre du 24 avril, dans laquelle vous me dites que vous profilerez incessamment du passeport que je vous adresse, après deux ou trois jours qui vous sont nécessaires pour TarrangemeDi de vos affaires personnelles.

€ Le ministre de la police générale, invité à suspendre provisoirement Teffet de sa signification, est informé en même temps de voire prochain départ pour l'Italie. >

Le lendemain 3 juillet, M. de Saint-Marsan annonça au citoyen Gaillard qu'il allait partir dans la journée même, et il parlil en effet pour Naples, où était son roi *.

Lorsque les préliminaires de la paix eurent été signés à Londres entre la France cl l'Angleterre, M. de Saint-Marsan se rapprocha et viol s*élabllr à Francfort; il annonça, le 14 décembre, au gouvernement français qa*il avait de pleins pouvoirs pour traiter et il demanda des passeports pour se rendre à Paris. Il n'eut pas de réponse,

La Consulte de Lyon et Téleclion de Bonaparte à la présidence de la République Italienne furent de nouvelles indications sur les destinées auxquelles le Piémont pouvait s'attendre. Il compta peut-èlre encore un moment sur l'Angleterre; mais lorsque la paix définitive cul été conclue à Amiens, ses inquiétudes redoublèrent. Le roi Charles-Emmanuel écrivit au Premier Consul pour lui faire part Je la mort de sa femme. Saint-Marsan demanda à porter celle lettre à Paris, On lui répondit de Paris qu'il pouvait la faire passer par rinrermédiaire du nouvel ambassadeur de Russie, le comte de Markof. Il insista, fit appel aux bons sentiments que la pacification générale excitait sans doute dans l'âme de M. de Talleyrand. a Votre ùme sensible saisit certainement toutes les finances de la situation de ce prince vertueux qui est la seule vic-

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