Air. Blr., Sardaigoe, n" 281, f 153 à
time de la guerre de la Révolution et qui l'est par Tacle le plus injuste qui en soit résulté dans un de ces moments que tout le reste fait heureusement oublier aujourd'hui. » Gela pouvait être ane allusion aux agissements du Directoire; en tout cas c'était encore maladroit ^ On ne répondit pas à M. de Saint-Marsan. Dès lors d'ailleurs le gouvernement français n'avait plus- de ménagements à garder. Car le traité d'Amiens, en passant sous silence la question du Piémont laissait, en apparence du moins, toute liberté d'action au Premier Consul.
Charles-Emmanuel IV se sentit abandonné de tous ses alliés; c'était un caractère irrésolu et les tribulations par lesquelles il ayait passé depuis 1793 l'avaient lassé. Peut-être aussi pensa-t-il qu un autre que lui obtiendrait de la France des conditions moins dures. U fut de bonne heure question de son abdication, et en effet il en signa l'acte officiel le k juin 1802, au palais Colonna à Rome. Il y disait la douleur qu*il avait toujours de la perte de sa femme, son état de santé chancelant depuis ce moment, et il abandonnait la couronne à son frère le duc d'Aoste Victor-Emmanuel I" ; il conservait le titre royal et le5 honneurs attachés à la souveraineté ; il se réservait une pension viagère de 200 000 livres, que le nouveau roi consentait à augmenter « à mesure que par le retour des États royaux de la terre ferme sous la domination de la maison de Savoie, l'état des finances royales se serait amélioré' ». Bonaparte traduisit cet acte comme un abandon du Piémont par la maison de Savoie elle-même; il avait parfois de ces traductions libérales à son profit.
Le 29 juin 1802 (10 messidor X), un arrêté consulaire prononça une amnistie générale pour tous les délits politiques qui auraient eu lieu dans les six départements de la 27* division militaire (c'était ainsi que l'on appelait désormais le Piémont). Tous les individus absents étaient admis à rentrer dans leur pays, ils devaient prêter serment de fidélité à la constitution du peuple français. Ceux qui au 1" vendémiaire an XI (23 septembre 1802) s'obstineraient à rester émigrés, seraient déclarés définitivement bannis et leurs biens réunis au domaine public