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Souligné de la main de Bonaparte

depuis la renonciation du roi son frère au Piémont, il ne lui reste aucun titre sur ce pays. » Talleyrand. informait en même temps M. de Chalembert que le Premier Consul était disposé à envoyer à Gagliari un ministre plénipotentiaire chargé de traiter en son nom « aussitôt que Sa Majesté le roi de Sardaigne, à qui il suppose l'intention de se rendre immédiatement dans cette- capitale et d'y fixer sa résidence,aura désigné lui-même son plénipotentiaire ' » .

C'était placer les négociations sur un terrain singulièrement neuf. On se récria à la cour du roi de Sardaigne. Chalembert dit à Cacault que le roi ne pouvait pas vivre en Sardaigne sans ôlre très incommodé, car il n'y avait pas môme de logement convenable; qu'il ne pouvait se décider à quitter si vite Rome dont il était venu voir les curiosités, qu'en ce moment il ne pouvait accéder à l'insinuation du gouvernement français. L'espion Marin, après conversation avec le roi, insista à son tour sur le mauvais climat de la Sardaigne : le duc de Montferrat, le frère bien-aimé de Victor-Emmanuel, y était mort en cinq ou six jours; la mort lui avait enlevé aussi en Sardaigne son fils unique, « qu'il ne parait pas vraisemblable qu'il puisse remplacer vu son état de misérable santé » ; la reine avait été continuellement mourante pendant les deux traversées. Aussi Marin n'osait-il plus affronter ce sujet devant le roi : « Donnez-moi, écrivait-A, des choses faisables à travailler... Comme je n'ai pas en mon pouvoir la baguette de l'enchanteur Merlin, il me parait très difficile que je puisse faire disparaître le spectre hideux de la Sardaigne profondément gravé dans les cœurs et les tètes. » Cacault disait aussi que la famiUe royale serait sans doute fort mal accueillie en Sardaigne à cause des charges financières qui accableraient la pauvre lie, et que le roi y craindrait même un massacre général des siens. Cela parait au moins exagéré *.

Pourtant Cacault offrit au roi le concours de la France contre les séditieux qui pourraient l'inquiéter en Sardaigne; et Talleyrand ajouta que si les revenus de l'île ne suffisaient pas à l'entretien de la cour, la France pourrait lui donner un secours annuel. Chalembert refusa ce protectorat mal déguisé' et répondit à Tal-

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