‹ Napoléon en ItalieChapitre 73 sur 423 · Aff. Etr., Gênes, n© 177, r · texte numérisé non relu

Aff. Etr., Gênes, n© 177, r

Là République ligurienne 119

était liée aux opérations mititaires et aux combinaisons politiques. Que si Ton demandait à quoi servait donc la Consulte, il faudrait dire que, comme à Milan, elle servait à faire croire au peuple de Gènes qu'il disposerait librement de ses propres destinées *.

Pour l'instant il ne s'agissait que d'assurer l'influence de la France. On sentit en Ligurie que l'indépendance de la République n'y trouvait pas son compte. Il y eut quelque fermentation^ des généraux français y furent mêlés, comme le général Ménard, qui se fit l'ami des « patriotes exclusifs »; Dejean dut le faire rappeler et remplacer par le général Muller : celui-ci faillit être victime d'un attentat; on ordonna quelques arrestations; puis le calme se rétablit. « Il y a une telle nullité de caractère dans ce pays, écrivait Dejean, qu'une poignée d'hommes y ferait la loi à la grande masse des habitants. » Il y avait surtout de grandes divisions entre les partis, les aristocrates, les gens du peuple dominés par le clergé, les patriotes, les partisans de l'Autriche ou de la France; leurs querelles faisaient la plus grande force du Premier Consul*.

Pourtant quelques-uns rêvaient la grandeur de la patrie, et portaient leurs espérances au delà même des limites de la Ligurie. Un membre du gouvernement de Gênes communiqua confidentiellement à Dejean le projet qui avait été conçu à Milan de former une seule République par la réunion de la Cisalpine, du Piémont et de la Ligurie; des Cisalpins avaient sondé le gouvernement génois avant d'envoyer une députation à Paris. Ils avaient la naïveté de croire que Bonaparte ne travaillait en Italie que pour la liberté.

A ce sujet Dejean faisait ses réflexions : il y aurait inconvénient à « réunir en un seul faisceau 7 millions de têtes sulphureuses et éminemment électrisables... Le gouvernement français doit savoir que le nombre de nos ennemis en Italie y excède, hélas! de beaucoup celui de nos amis. C'est la suite inévitable de notre conduite administrative et financière et des dilapidations de tous les genres qui se sont commises et qui se commettent encore tous les jours. Et que peuvent les çiinistres extraordinaires contre ce torrent? Ils

1. Arr. Etr., n*» 17T, r 335 : lettre de Talleyrand à Dejean, du 29 thermidor an VUl.

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