‹ Napoléon en ItalieChapitre 76 sur 423 · Corr., VII, 5538. — Aff. Elr., Gênes, n" 178, r · texte numérisé non relu

Corr., VII, 5538. — Aff. Elr., Gênes, n" 178, r

422 MARBNGO (1800-1802)

Rivières à l'égard de la ville. Fravega proposa de supprimer ce nom de Rivières, pour faire cesser les querelles. Bonaparte esliaia a« contraire qu'il fallait garder ces vieilles dénominations : « Si les Génois sont divisés entre eux, ils en seront d'autant plus faibles contre la capitale, qui, dans les circonstances où se trouYc Gènes, est Tintérët majeur. » Les circonstances dont il s'agit consistent sans doute dans l'établissement de la domination française. Le citoyen Dejean proposait de supprimer les anciens titres de doge, de podestats. Bonaparte trouva ces mots excellents : « Ainsi, dit-il, l'Europe entière retrouvera la République de Gênes et s'accoutumera plus facilement à ces dénominations. » C'était en eEfet un moyen de faire croire à l'Europe, si elle voulait bien s'y prêter, qu'il n'y avait rien de changé à Gênes*.

Après de longs pourparlers, les Génois commencèrent à comprendre ce que voulait Bonaparte. Le 2& vendémiaire an . X (16 octobre 1801), la Consulte adopta à l'unanimité la proposition qui lui était faite par la commission extraordinaire de gouvernement € de se joindre à elle pour inviter et prier le Premier Consul à nommer pour la première fois les membres du Sénat. Je me félicite, écrivait Dejean à ce sujet, d'avoir pu contribuer à l'adoption d'une mesure qui contribuera plus que toute autre à donner de la force au gouvernement ligurien et de la stabilité à la nouvelle constitution »

Le lendemain, 25 vendémiaire, la constitution ligurienne fut achevée; mais elle ne devait être promulguée qu'au mois de juin 1802.

11 y eut trois grands collèges électoraux : celui des Possidenti qui devaient posséder au moins 120000 francs de biens fonds, celui des Negozianli et celui des Dotti ou Giureconsulti. Ils nommaient la Consulte, dont les membres devaient avoir au moins mille francs de revenu et votaient les lois qui leur étaient soumises par le Sénat. Les collèges élisaient aussi les sénateurs, et ils présentaient au Sénat trois candidats parmi lesquels il choisissait le Doge. Les collèges enfin nommaient tous les deux ans un syndicat de sept membres, âgés de quarante ans et possesseurs

i. Corr., VII, 5624 : lettre de Bonaparte au citoyen Talleyrand, 13 messidor an IX (2 juillet 1801).

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