‹ Napoléon en ItalieChapitre 86 sur 423 · Corr., VlI, 5618 : lettre du 24 juin · texte numérisé non relu

Corr., VlI, 5618 : lettre du 24 juin

3. Aff. Etr., Toscane, n" 153 B, r*' 47-48 : dépêche du comte Ventura à Moreau Saint-Méry. — Cf. Marmottan, Le royaume cTBlrurie, p. 73-77 ; — w/., Documents^ p. 19.

pas besoin d*iDsta1lâtioQ solennelle; cela avait été fait par Murât sans eux. Le roi Louis avait reçu une éducation très religieuse; doué d'une voix superbe de baryton, il avait le goût du plainchant, il aimait à chanter au lutrin le Tantum ergo ou le Magnificat-^ il ne paraît pas avoir eu d'autres vertus royales. La reine était purement disgracieuse; sa bosse et sa hanche déjetée lui étaient toute majesté : « figures étranges et grotesques, tristes fruits d'une longue série de mariages consanguins ' ». Bonaparte y voyait sans doute une sorte de personnification de la dégénérescence des Bourbons et entretenait à ce spectacle son mépris d'homme fort pour une race épuisée.

Le premier soin du nouveau roi fut de lever une contribution de 300000 livres pour ses besoins personnels. On raconta qu'il n'avait pas de quoi payer ses chevaux de poste. Le fait est qu'il était arrivé sans un denier : < On s'attendait que la France, après avoir donné une couronne, dût fournir encore les épingles pour rattacher... Le roi doit à tous ses laquais et manquera bientôt de pain -. » 11 n'est pas sdr qu'on fût disposé à Paris à s'apitoyer sur cette situation; il était bon, au contraire, que le nouveau royaume n'eût pas de ressources, qu'il fût dans l'impossibilité de nuire. € Il ne faut pas que ce nouveau royaume devienne une puissance militaire », disait Talleyrand à Clarke, envoyé à Florence comme ministre extraordinaire '.

Clarke eut d'abord une assez bonne opinion des dispositions du roi Louis I^'. Elle ne fut pas durable. Il constata bientôt l'omnipotence du comte Salvatico, qui avait remplacé le comte Ventura à la tête du gouvernement : « une sorte deGodoï, sans en omettre les mœurs, d'un libertinage dégoûtant, d'une ignorance et d'une imbécillité rares, qui donne tous les emplois au poids de l'or ». Ailleurs Clarke raconte encore que le comte Salvatico, dans une représentation, au palais, du Barbier de Séville, avait fait Figaro et donné au roi le rôle de Basile : « Est-ce malignité ou bêtise?

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