Marmottan, Le royaume cTElruriey p
2. Aff, Etr., Toscane, 153 B, p. 93-94, 100-IOf : dépêches de Lcfebvre, secrétaire de légation à Florence, 9-16 sept. 1801. — Cf. Marmottan, Documents, p. 21,23-24.
3. Instructions de Clarke, Aff. Etr., Toscane, n** 153 B, p. 82-86. — Cf. Marmottan, Le royaume cPEtrurie, p. 96-101.
Je n'en sais rien, ajoule-t-il, c'est un rôle où le personnage est hué el vilipendé comme un laquais de comédie*. »
Mais surtout, derrière Salvatico, les influences ecclésiatiques furent bientôt toutes-puissanles. Car l'Église avait à détruire en Toscane l'œuvre libérale du grand-duc Léopold. Il avait essayé d'introduire dans ce pays les réformes joséphistes, de détruire l'influence des ordres religieux et la suprématie pontificale. Il avait trouvé un allié dans Tévêque janséniste de Pisloie, Scipion Ricci.
En 1786, le synode diocésain de Pistoie, sur la proposition de révêque, avait accepté la déclaration gallicane de 1682, déclaré que l'Église ne devait plus admettre qu'un seul ordre religieux soumis à la règle de Port-Royal, et il avait reconnu au grand-duc des droits souverains sur le gouvernement de l'Église toscane. Mais les autres évoques de la Toscane avaient refusé d'adhérer aux doclrines de Pisloie; le peuple avait saccagé le palais épiscopal de Ricci; le pape Pie VI, par la bulle Auctoretn fidei, avait condamné les propositions émises au synode de Pistoie, et Ricci, quelques années après, avait dû faire sa soumission. Le grand-duc Ferdinand avait renoncé à la politique de son père, et l'Église tenait à restaurer plus solidement que jamais son ancienne puissance en Toscane *.
Louis!" était poussé dans ce sens parles influences de Parme. Il était entouré, dit Clarkc, « d'une troupe de cagots qui achevait de l'égarer ». Il obéissait aux conseils du nonce Gregorio et du cardinal Zondadari, archevêque de Sienne, connu pour avoir encouragé jadis le peuple de Sienne à brûler vifs des Juifs et des enfanls juifs qu'il baptisait lui-même, avant, dit-on, de les jeter sur les bûchers. Une prétendue sainte avait eu une vision céleste où Dieu lui avait fait connaître qu'il fallait changer toutes les lois de Léopold sous peine des plus grands malheurs.
Alors, dit Clarke, < la peur d'être damné et la fai})lesse de sa sanlé ont fait rendre au débile prince ce fatal décret qui rétablit presque entièrement l'Inquisition sans en proférer le nom et dont les conséquences ne peuvent être autres que de plonger la Toscane,
1. Aff. Elr., Toscane, n» !54, r !80; n» !55, r 114 : dépêches de Clarke. — MarmoUan, Le j-oyaume (TEtrurie, p. 107-HO.