De Clercq
paraient un effort décisif pour chasser les Français du Caire et d*Alexandrie. Même ensuite Bonaparte ne cessa point de considérer qu*il avait besoin de Naples pour l'exécution de ses desseins sur le Levant; il ne permit jamais que ce pays, si admirablement situé, fût étranger à sa politique ; mais le royaume risquait fort d'y perdre un jour son indépendance; dès le traité de Florence elle peut paraître compromise.
Il n'y fut point question des difficultés récemment survenues entre le roi des Deux-Siciles et le Saint-Siège : c'était affaire à régler entre les deux gouvernements. Bonaparte pourtant s'y intéressa.
Le roi Ferdinand voulait garder les principauté^ de Bénéveni et Ponte-Corvo, enclaves pontificales dans son royaume; il les trouvait à sa convenance et n'avait pas d'autre droit. Son ministre Acton trouva pourtant ceci, que les mécontents y pourraient entretenir des correspondances dangereuses à la tranquillité même de Naples. Le pape se donna la peine de répondre qu'on pouvait se fier à ses principes contre les perturbateurs et qull était inique de le frustrer de sa souveraineté sous prétexte que sans cela l'esprit de novation y ferait trop de progrès*.
Le Premier Consul dut intervenir. « Il est nécessaire, écrivaitil à Talleyrand, que le roi de Naples laisse jouir le pape de l'intégrité de ses Étals et il est juste que Bénévent et Ponte-Corvo continuent à être mis sur l'ancien pied. » Peu de temps après les troupes napolitaines quittèrent les deux places, et Bonaparte invita le pape à les faire occuper le plus tôt possible : « Le roi de Naples ne dira rien, cette affaire est finie' ». Le gouvernement napolitain prétendit bien ne rendre que le domaine utile, nous dirions l'usufruit, et retenir pour lui le haut domaine, ou la propriété souveraine; le pape protesta,, s'émut, puis se calma, sur Tassurance du gouvernement français que cette histoire était bien terminée.