Aff. Etr., Rome, n* 932, pièces
écrivait à ce propos : « Il est sûr qu'à ia longue, en profitant de toutes les circonstances, le Roi de Naples obtiendra d'abord son concordat ecclésiastique sans parler de la haquenée, et qu'après cela à la mort de ce roi on ne demandera plus d'investiture pour son successeur, et les droits du Saint-Siège sur les Deux-Siciles rentreront avec le temps dans le même oubli où sont tombés ceux des anciens papes sur l'Angleterre*. »
C'est qu'on était loin du temps des anciens rois normands. Pourtant Cacault se trompait : le roi de Naples n'eut pas son concordat; le pape maintint son droit sur la haquenée, et ne cessa point, même plus tard contre Napoléon, d'affirmer ses anciens droits sur le royaume des Deux-Siciles.
Au lendemain du traité de Florence, le 3 floréal an IX (23. avril 1801), Alquier était nommé ambassadeur de la République Française près Sa Majesté le roi des Deux-Siciles *. Ancien membre, assez obscur, de la Constituante et de la Convention, il ' était entré dans la diplomatie par l'amitié de Talleyrand et venait de l'ambassade de Madrid. Il fut le principal agent de Bonaparte dans ses relations politiques avec les Bourbons d'Espagne et d'Italie; ce fut en quelque manière son domaine; il y prit part aux plus graves événements ; il y contribua peut-être par son caractère. Il partit aussitôt pour Naples, où il allait jouer pendant quatre ans un rôle de premier plan et enrichir la correspondance politique de son ministère de quelques pages singulièrement piquantes.
D'après ses Instructions, du 7 floréal, telles qu'elles résultaient du traité de Florence, il devait faciliter les communications de la République Française avec « la nouvelle colonie d'Egypte », correspondre aussi souvent que possible avec le général de Tarméo d'Orient, reprendre les avantages commerciaux assurés jadis à la France dans les ports napolitains, écarter autant que possible les