Id
ils vécurent trop près d'eux, comme nous de Napoléon, pour en bien juger la fonction historique. Ce n'est que plus tard, par les services rendus et par la place laissée, qu'on distingua l'Empire des empereurs, que l'Empire grandit, dans l'imagination des hommes, et avec lui le personnage même des empereurs, et des plus odieux. Ce ne sont pas les contemporains qui connaissent le mieux l'histoire de leur temps : sommes-nous arrivés au moment de bien connaître l'histoire de Napoléon? — Peut-être.
L'Église chrétienne, quand elle voulut s'organiser, se moula dans les cadres de l'Empire romain, et c'est de lui qu'elle prit son caractère universel et démocratique ; elle acheva la formule : l'égalité de tous les hommes dans la mort, devant Dieu, comme dans la vie devant l'Empereur. Qui dira si l'Eglise doit plus à l'Empire, ou l'Empire à l'Eglise!' Aussi, le temps des malentendus et des persécutions passé, ils se confondirent, ils accordèrent Dieu et César, l'Empire devint chrétien avec Constantin, et lorsque l'Empire succomba sous les coups des barbares, l'Eglise en perpétua la tradition à travers les siècles du Bas -Empire et du moyen âge et des temps modernes.
Car l'Empire est pour elle la forme parfaite, au temporel, du gouvernement des hommes. Elle a la meilleure part, le gouvernement des âmes ; mais pour se l'assurer, elle ne conçoit pas de schisme qui ne soit regrettable entre elle et l'Empire ; elle voit dans l'Empire le cadre nécessaire de l'organisation politique de l'humanité. La division, et donc l'indépendance des nations, lui paraît un signe de la colère divine, comme la dispersion des langues à la tour de Babel. Elle enseigne l'unité d'autorité, au temporel comme au spirituel.
« Rome, la ville de guerre, dit encore M, La visse \ a légué