‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 100 sur 225 · I. Aff. Étr., Corr. de Bavière, vol. 186, f · texte numérisé non relu

I. Aff. Étr., Corr. de Bavière, vol. 186, f

Car les temps napoléoniens représentent pour la Bavière une véritable transformation intérieure, une sorte de révolution, à rinstar de la France. Le roi Maximilien-Joseph avait été élevé en France, par son oncle Christian IV de Deux- Ponts, un familier de Louis XV et de M""" de Pompadour. Lui-même avait été colonel dans l'armée française. Son premier ministre, le marquis de Montgelas, était aussi un Français d'origine et d'éducation. Nourris de l'esprit français, presque Français eux-mêmes, ils adoptèrent les idées françaises, non pas par flatterie ou soumission à l'égard du puissant protecteur, mais par conviction, par une application sincère des enseignements philosophiques dont leur jeunesse avait été nourrie.

C'est ainsi que dès avant la domination napoléonienne, ils introduisaient dans leur pays les réformes essentielles qui caractérisaient au xvm^ siècle le despotisme éclairé. Ils combattaient la prépondérance du clergé catholique comme avait fait l'Empereur Joseph II. Ils assuraient la tolérance aux protestants (1800). En 1802, ils interdisaient aux Capucins et aux Franciscains de recevoir des novices, de façon à assurer par décès l'extinction de leurs ordres. Ils fermaient des couvents de femmes, autorisaient par décret les religieuses à en sortir si elles le voulaient.

Ils préparèrent ensuite T introduction du Code Napoléon, dont l'adaptation au pays bavarois fut l'objet des études du savant Feuerbach. Ils abolirent le servage, supprimèrent les privilèges d'exemption financière de la noblesse. Ils luttèrent contre le particularisme provincial, même en Tyrol, voulurent fondre toutes leurs provinces, anciennes ou nouvelles, dans l'État centralisé, divisèrent le royaume en neuf cercles, avec des commissaires généraux (semblables à nos préfets), subdivisés en districts avec landrichter, et en communes, administrées par des conseils municipaux élus.

Le i®' mai 1808, ils promulguèrent une constitution qui

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supprimait les anciens Etats et toutes les constitutions particulières aux diverses régions du royaume, et créait un Corps Législatif élu par des collèges électoraux de propriétaires et d'industriels.

Mais ce n'était comme ailleurs qu'une apparence de représentation nationale. La constitution n'entra pas réellement en vigueur. Et par là encore la Bavière avait de la ressemblance avec la France napoléonienne. Elle était donc, de bonne grâce, prête à lui emprunter toutes ses institutions.

On a observé ^ que le fond ethnique bavarois était éminemment celtique. Faut-il y voir l'explication des sympathies de la Bavière pour la France et de leurs relations généralement aimables autrefois? — Disons seulement que l'alliance franco-bavaroise était ancienne, qu'elle s'était manifestée avec éclat sous Louis XIV et Louis XV, et qu'elle constituait une des plus fortes traditions de la politique des anciens rois.

C est pourquoi on peut considérer comme solide et sincère le lien qui attachait la Bavière à la politique napoléonienne Par elle Napoléon tenait bien Vienne en respect.

l'allemagne française

S'il y avait encore quelques traits allemands dans ces Etats de l'Allemagne du Sud, au moins par leurs anciennes dynasties, l'influence française était plus directe et plus profonde dans le reste de l'Allemagne, dans ce qu'on peut appeler l'Allemagne française, ce que les historiens étrangers appellent la France allemande", ou, comme nous dirions encore, la France orientale, en souvenir de l'ancienne Franconie, dont le nom est resté dans toute la région.

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