I- ALLEMAGNE NAPOLÉONIENNE
On s'empressa pourtant à Munich, pour contenter l'Empereur, d'étudier le moyen de rendre au Tyrol quelquesunes de ses institutions locales qui n'avaient été abolies que pour assurer l'ordre et l'uniformité de la centralisation administrative. Il fut question d'y fonder un établissement particulier pour le prince royal, de façon à le rapprocher de ses nouveaux sujets et de leur prouver la sollicitude du gouvernement bavarois.
Ces bonnes dispositions furent à peu près inutiles. Le parti de l'Empereur était pris. Il fut l'objet d'un rapport de Ghampagny, en date du lo février. La Bavière céderait la plus grande partie du Tyrol italien à l'Italie, selon une ligne coupant l'Adige au sud de Brixen, soit une population de 289.000 habitants. Elle céderait encore quelques places à la frontière du Wurtemberg, 62.600 habitants; Schweinfurt au grand-duc de Wurzbourg, 6.9oo habitants : Total, 359. 100 habitants.
Mais elle recevrait les provinces récemment enlevées à l'Autriche sur l'Inn, et Berchtesgaden, l'Innviertel, partie du Hausruckviertel ; ailleurs, la ville de Ratisbonne enlevée au prince primat et tout le pays de Baireuth, « riche, facile à gouverner, sa population intacte, n'ayant fourni depuis plusieurs années ni levées, ni conscription pour la guerre » : au total, 696.700 habitants. Ce qui lui laissait un bénéfice de 337.600 habitants.
Ce n'était pas tout ce qu'on avait rêvé. Il fallut s'en contenter : ce fut l'objet du traité de Paris du 28 février 1810'.
C'en était assez pour faire de la Bavière un puissant Etat, maître du Danube supérieur, fortement appuyé aux Alpes, sa frontière aux portes de Vienne, ses institutions dès lors toutes renouvelées.