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L allemag:se française 177
La poussée française n'avait pas cessé de s'exercer de 1792 à 1810, comme au temps de Gharlemagne, sur la plaine allemande, jusqu'aux Villes Hanséatiques et à la Baltique, parmi de constantes modifications territoriales et politiques.
Les pays rhénans avaient toujours eu dans le corps germanique leur physionomie et leurs intérêts particuliers, avec leurs électeurs et autres princes ecclésiastiques. « Jamais ils n'avaient été dans le plein courant de la vie germanique. » Les bénéfices de la vente des biens ecclésiastiques avaient modifié du tout au tout la condition des paysans, qui ne s'en plaignaient pas.
Les guerres prolongées n'avaient pas affecté sérieusement ces « départements réunis » ; ils avaient les avantages de la domination française sans ses inconvénients. Ils avaient des administrateurs choisis parmi les meilleurs, comme Jean Bon Saint-André qui est resté à Mayence le modèle des préfets de l'Empire.
Le droit français avait apporté l'ordre et la règle et un profond sentiment de sécurité dans cette société germanique jusque-là si incohérente, et il y devait laisser des traces profondes. On écrivait en i858 : « On sait encore le Code Napoléon à Mayence, ainsi que dans toute la partie du Palatinat dépendant du Grand-Duché de Hesse-Darmstadt ; et même sur la rive droite du Rhin, où l'ancien droit germanique s'est maintenu, la législation financière repose encore sur celle de la France, modifiée seulement par quelques ordonnances du duc régnant. Bien d'autres traces de notre influence y subsistent ^ ».
Il nous plaît d'emprunter à un historien anglais ces belles et décisives formules : « C'est ici, dit M. Fisher, que le système de l'Empire produisit ses meilleurs effets, réparant les ruines matérielles, effaçant les divisions sans fondement,
I. Lerebours, Napoléon et les Mayençais, cité par H. Fisher, Stadies on Napoleonic Statesmanship in Germany, igoB.
Driault. — Giand Empire. 12
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versant dans une population engourdie ses ardentes et vigoureuses énergies, et laissant après lui, avec le bel ordre de la loi française, Tun des héritages les plus splendides qu'un conquérant ait jamais légués à une province conquise. »
Mieux même, comme le dit si éloquemment Albert Sorel, « la Convention avait conquis et réuni la lurre. Napoléon assimila et affectionna les hommes. Il les fit entrer, non seulement dans la paix romaine, la paix de l'Empire, mais dans la patrie française^ » La rive gauche du Rhin fut en vérité une autre Alsace, plus étendue. Elle prolongea vers le Nord, jusqu'à la Hollande, la barrière politique du grand fleuve. Elle acheva la France, hélas ! pour bien peu de temps !
La Hollande aussi fut française, moins longtemps encore et avec moins de bonne volonté. L'œuvre de ces quelques années y fut pourtant très remarquable. Louis parti en juillet 18 10, Farchitrésorier Lebrun fut envoyé à Amsterdam, comme autrefois à Gênes " : il était expert en réunion, car la réunion était dès lors inévitable, étant depuis longtemps préparée par des réunions partielles et des transformations politiques.
Le frère de l'Empereur, un Roi, était remplacé par un fonctionnaire ; c'était le rattachement à l'Empire : exemple de la façon dont se faisait une réunion, exemple qui était destiné à se multiplier, si les circonstances l'avaient permis ; par là, le phénomène a une importance historique générale.
Le serment de fidélité fut reçu des fonctionnaires , de tous, sans aucun incident : « La terre et les eaux de la Hollande sont tout à vous », écrivait Lebrun à l'Empereur dès le 23 juillet.