I. Cf. Ch. Schmidt, op. eit., 179 et s
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si certainement napoléonienne \ Il faut Je voir vivre en ces courtes années de paix impériale, entre Wagram et la grande crise de 1812.
Il occupe la plus belle, la plus expressive partie du sol historique de l'Allemagne ; il est au cœur de TAUemagne véritable, FAllemagne de Gharlemagne et des Empereurs saxons, le berceau du Saint-Empire. Napoléon ne voulut pas plus que Gharlemagne le détacher de son Empire ; il l'y attacha ou du moins voulut l'y attacher par Jérôme : un jeune roi dans un jeune royaume, l'un et l'autre en tutelle. La constitution retient la W estphalie dans la maison impériale : c'est une application nouvelle du système des pactes de famille.
Elle fut d'abord gouvernée par une Régence : Beugnot, pour l'intérieur ; Siméon, pour la justice ; Jollivet, pour les finances ; Lagrange, pour la guerre. Jean de Millier fut nommé secrétaire d'Etat. Lefebvre-Desnouettes fut un moment grand écuyer. Mais il y eut aussi au gouvernement des amis personnels du jeune roi, Morio, d'Albignac, Hesse-Philipstadt ; ils furent tout de suite en opposition avec les autres. Nous avons vu chose semblable en Espagne, à Naples ; on ne voit rien de pareil dans Jes royaumes où ne régnent pas des frères de l'Empereur, et en effet Napoléon eut beaucoup moins de mal avec Frédéric-Auguste de Saxe ou Maximilien-Joseph de Bavière qu'avec Louis, Joseph, Jérôme ou Murât : aussi ne songea-t-il point à les détrôner.
Lorsque le jeune roi se fut installé à Cassel, sa capitale, en grand encombrement, la Régence fut supprimée ; les régents furent nommés ministres, mais ils furent invités à prêter serment au roi de Westphalie'. Il y eut des difficultés, naturellement, et l'Empereur exprima son mécontentement avec vivacité.
I . Napoléon et l'Europe, III, 145 et s. 1. Frédéric Masson, IV, i83 et s.
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Beugnot fut alors nommé administrateur du grand-duché de Berg. Lefebvre-Desnouettes s'en alla pour prendre le commandement des chasseurs à cheval de la Garde. Lagrange renvoyé en France fut remplacé par Morio, qui n'avait pas l'estime de lEmpereur. Le ministère de l'Intérieur revint à un Allemand, M. de Wolfradt : Westphaliens contre Français, il y eut entre eux jusqu'à des rixes. Le grand chambellan fut le comte de Waldburg-Truchsess : il eut beaucoup d'influence sur Jérôme.
Tout de suite JoUivet se plaignit et fit des rapports sévères sur l'état des finances, sur le gaspillage auquel on se livra avec un zèle extrême. Il protesta contre certains emprunts un peu onéreux chez des Juifs trop avides. Il fut remplacé aux finances par un Allemand, le baron de Bulow.
Un autre ami du roi, Lecamus, fut fait comte de Furstenstein, — ce qui était plus seyant — et ministre des Affaires étrangères que pourtant Napoléon s'était réservées. Des ministres de Westphalie furent nommés dans les cours étrangères : toujours les mêmes prétentions que chez les autres rois-frères ; ils veulent régner pour eux, non pour la France, ni pour l'Empereur.
Reinhard était là comme ministre de France. Dans une correspondance très remarquable \ il tenait l'Empereur au courant ; mais il lui conseillait de ménager le caractère du jeune roi, qu'il estimait capable de quelque coup de tête. Et il convenait sans doute de l'éviter au moment où l'Allemagne était agitée par les tentatives du major Schill et du duc de Brunswick.
Là se produisit l'utile diversion de la guerre de 1809. Jérôme n'y joua qu'un rôle médiocre, et même douteux, et il ne tarda pas à rentrer à Gassel sans avoir rendu de grands services, non sans avoir encouru de vifs reproches de l'Empe-