‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 105 sur 225 · I. Cf. Revue Historique, XX · texte numérisé non relu

I. Cf. Revue Historique, XX

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reur\ Mais c'était un enfant, ou un frère gâté, et il s'endormit dans les délices de Cassel. Ainsi il n'était plus un personnage dangereux : il usa son activité dans les fêtes.

Il fut appelé à Paris au moment de la négociation du divorce (novembre-décembre 1809). Il s'y occupa surtout de la confection de l'Ordre de la couronne de Westphalie, dont le besoin se faisait évidemment sentir : ruban gros bleu moiré ; médaille d'or à jour que surmonte un aigle couronné empiétant un foudre ; le tour de la médaille est formé par un serpent qui se mord la queue, ce qui est un symbole d'immortalité ; dans la partie supérieure du champ, un lion pour la Hesse, un cheval pour le Brunswick ; dans la partie inférieure, entre des branches de chêne et de laurier, un lion et un aigle coupés par le milieu et réunis par une couronne \ Tout cela avait beaucoup de sens, mais nous ne nous hasarderons pas à le déchiffrer. Le nouvel ordre de Westphalie fut accepté par l'Empereur, et Jérôme fut bien content.

Jérôme quitta Paris le 2 janvier 18 10 ; il emmena avec lui tout un déménagement de luxe, des meubles, de la vaisselle, un carrosse pour son sacre, qui ne devait jamais servir.

Il emporta surtout de précieux cadeaux politiques. Le traité du 14 janvier 18 10 annexa à son royaume le Hanovre, les duchés de Brème et de Lunebourg, les principautés de Werden et Kalemberg, les comtés de Hoya et de Diepholz, les côtes de la mer du TNord entre le Weser et l'Elbe.

Sans doute, réserves étaient faites de domaines et de dotations, selon la coutume ; les dettes du Hanovre étaient mises à la charge de la Westphalie ; le contingent militaire était augmenté ; les troupes françaises en garnison dans le royaume devaient être entretenues à ses frais ; il était entendu qu'un territoire de i5.ooo habitants, à désigner ultérieurement,

I. F. Masson, IS'apoléon et sa famille, IV, 320. 1. Ibid., VI, 29-36.

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pourrait être repris par FEmpereur, En attendant, 1 Empereur gardait, au delà de l'Elbe, le pays de Saxe-Lauenburg, 33.000 habitants : encore une pierre d'attente disposée vers l'est.

Tout de même les revenus et le prestige du jeune royaume étaient augmentés, l'éclat de sa couronne était avivé.

Les fêtes redoublèrent donc. Le Carnaval de 18 10 fut tout à fait réussi. On y trouva des amusements inédits, comme la recherche d'une bague avec la bouche dans un plat de farine : ce fut désopilant. On distribua une quantité de décorations de rOrdre de la Couronne, avec pensions, ce qui ne gâtait rien, que les finances du royaume.

Il y eut pendant plusieurs semaines — car le Carnaval se prolongea à Cassel pendant tout le règne — une série de bals masqués, tous plus légers qu'il n'était nécessaire. Il y eut les noces Furstenstein-Hardenberg, c'est-à-dire le mariage du ci-devant citoyen Lecamus avec M"'' de Hardenberg, une nièce de l'illustre ministre prussien, qui n'était pas un ami de Napoléon, qui pourtant à cette date paraissait le vouloir devenir \ Il y eut des voyages aux eaux, à toutes les eaux de la Westphalie. Il y eut une entrée solennelle à Hanovre. Il y eut des constructions magnifiquement coûteuses à Cassel, à Napoleonshohe. On acheta des châteaux, des petits, des grands, pour les favorites du moment, au premier caprice. Il y eut corruption et débauche jusqu'à l'écœurement : la chronique de la cour de Cassel fut toute scandaleuse.

Les souverains refirent le voyage de Paris pour le mariage de l'Empereur. La reine Catherine porta le manteau de l'Impératrice. Le jeune ménage avec une petite cour fut du voyage du Nord : gais compagnons, habiles aux plus formidables dépenses. L'Empereur fermait les yeux et souriait : tout cela ne gênait point tant ses plans que l'hypocondrie de Louis ou

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