‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 111 sur 225 · I. Aff. Etr., Corr. d'Allemagne, vol. 743, f · texte numérisé non relu

I. Aff. Etr., Corr. d'Allemagne, vol. 743, f

igô L ALLEMAGNE NAPOLEONIENNE

magne y a déjà une unité relative. Elle gardera la simplification politique et territoriale extraordinaire qui reste la profonde marque napoléonienne. Elle a une certaine unité morale et sociale ; mais elle demandait du temps pour être achevée. Qu'on suppose seulement un demi-siècle de ce régime, quels immenses résultats il aurait produits ! Aussi bien Toeuvre se continua-t-elle par la force des choses, tant elle était puissamment conçue et d'accord avec le mouvement général de la civilisation.

En ce sens, y avait-il une fermentation générale de réaction nationale contre la domination étrangère? Il y avait surtout des plaintes contre les charges militaires, financières, douanières, qui sans doute n'étaient pas destinées à durer après la guerre. Albert Sorel a écrit à ce sujet de très belles phrases que l'on connaît sur la formation du sentiment national en Allemagne * .

« Napoléon travaille la matière « imposable » et la chair à canon, mais c'est de la chair humaine ; c'est du travail humain, et l'effort produit de la conscience et de l'âme... Il réunit en groupes compacts les Allemands parqués entre tant de comtés, baronnies, abbayes et seigneuries équestres... Ils ne méconnaissent point le terrible architecte qui rassemble les pierres de leur foyer... Il croyait, en supprimant tant de frontières, en dressant ces voies stratégiques, n'ouvrir que le chemin des casernes : il ouvre les routes d'une patrie... Et sur ce corps arraché à la léthargie passe le souffle de lame ; cette âme flottait sur l'Allemagne. » — « La cause première de tous nos maux, dit Arndt, est le défaut d'unité. L'unité se fait par contre-coup de la conquête. Les Maures ont fait celle de l'Espagne, les Anglais celle de la France. Les Français feront celle de l'AUemagne. »

Il y a là une part de vérité. A y regarder de plus près,

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