I. VII, iij-m
LES ANNEXIONS EN DÉCEMBRE l8lO 197
on constatera qu'en effet le régime français avait en Allemagne des ennemis, ceux qu'il avait ruinés, les nobles déchus de leurs privilèges, tous les partisans du passé, les amis des cours de Vienne et de Berlin, les aristocrates, les Rose-Croix, qui annonçaient la venue d'un Messie pour restaurer l'ancien ordre de choses, « des femmes, comme dit Bâcher, aussi remarquables par l'éclat de leurs charmes qu'exercées dans tous les genres d'intrigues, qui prodiguaient dans les capitales et les principales villes tous les moyens de séduction pour enlacer dans les filets de la prétendue délivrance de l'Allemagne les personnes les plus distinguées de tous les états et de toutes les opinions, les adeptes de la nouvelle philosophie allemande, les jeunes écervelés qui fréquentent les Universités ». — « Quoique le calme, du moins apparent, continue le même témoin \ ait succédé au tumulte des armes, aux agitations et aux angoisses de la multitude, ce serait néanmoins endormir le gouvernement français dans une dangereuse sécurité que de lui dissimuler jusqu'à quel point ses antagonistes ont cherché à tirer parti de cette disposition des esprits pour réveiller l'ancienne antipathie nationale. Il est maintenant avéré qu'on n'a fait à aucune des époques de la Révolution de plus grands efforts pour soulever toutes les classes des habitants de l'Allemagne quelles que fussent leurs opinions en répandant que l'Empereur Napoléon tendait, ainsi que Louis XIV, à la monarchie universelle. » Assurément, il y avait un grand effort d'agitation dans les cercles aristocratiques et dans les milieux universitaires. Mais quelle en était la portée sur les masses populaires? Jusqu'à quel point cette agitation balançait-elle les avantages sociaux que leur avait apportés la domination française? Etait-elle de force à effacer, ou à atténuer même le prestige et les bienfaits de la puissance impériale ?