I. Espitalier, op. cit
ai 2 L ITALIE NAPOLEONIENNE
l'Empereur dans un grand succès militaire. Ainsi faisait Joseph en Andalousie ' .
Il donna un uniforme de gala à ses troupes pour leur entrée triomphale à Palerme. Il traversa la Calabre au milieu d'acclamations populaires qui le grisèrent et firent frissonner son panache. Il organisa des armements importants au camp de Piale, près de Reggio, en face des troupes anglaises du général Stuart. L'affaire paraissait bien préparée (septembre 1810).
Tout à coup le major- général Grenier déclara que le passage ne lui paraissait pas possible, et qu'il se refusait à y participer avec les troupes françaises qu'il commandait.
Murât risqua le passage avec la division napolitaine du général Gavaignac, à la Scaletta. Il laissa aux mains des Anglais 1.200 prisonniers, avec le drapeau du Royal-Corse^ qui alla pavoiser la cathédrale de Messine.
Le roi s'en revint à Naples, et y ramena ses troupes. Il déclara qu'il avait fait la preuve qu'on passerait quand on voudrait et rejeta naturellement la responsabilité de l'échec sur les officiers français. Napoléon lui reprocha de n'avoir pas laissé son armée à Reggio pour y retenir les Anglais et maintenir la diversion pendant tout Thiver ; ainsi ils allaient pouvoir se porter en force sur Corfou ou sur l'Espagne, et toutes les dispositions générales prises par l'Empereur se trouvaient compromises.
Gar Naples ne peut pas avoir sa politique autonome. Elle n'est qu'une étoile de deuxième grandeur dans le système de l'Empire, et elle doit graviter normalement et sans écart dans l'orbite réglé par les constitutions.
Murât est atteint dans sa vanité militaire, il y est très sensible ; il ne pourra donc rien faire dans ce royaume où il n'est qu'un lieutenant; sa couronne lui semble une ironie.