I,:V TRADITION HISTORIQUE DU TITRE IMPICUI.VI
plus que Jérusalem '. El il s'en faut que ce sens historique soit aujourd'hui entièrement eflacé...
Le voyage impérial de Rome et le couronnement de Saint- Pierre donnaient des droits sur lo uîonde. Même le Saint- Empire Romain Germanique, qui fut en somme presque absolument germanique, beaucoup plus exclusivement germanique que celui de Napoléon ne fut exclusivement français, eut des prétentions sur lllalie jusqu'en Sicile, sur le royaume d'Arles qu'on appelle encore quelquefois dans le pays « l'empi », sur le cercle de Rourgogne : il n'y a pas longtemps que ces prétentions salVirmaient, chez ceux qui se disent ses héritiers. Les Empereurs, de la maison des Habsbourg, ont eu l'Espagne, comme l'ItaUe, des provinces vers tous les horizons de l'Europe, une sorte de domination de lEurope.
Par là se conserva dans les esprits la notion de Tunilé politique. On lit dans le livre du moine Engelbert, au commencement du xiv" siècle ' : « Una et sola respublica totius populi christiani, ergo de nccessitaie erit et im\is soins jiriiiceps et rex iliius reipublicœ ».
Pétrarque s écrie, à propos de Rienzi, dans sa lettre au peuple romain : « \ eut-il jamais une pareille paix, une pareille tranquillité, une pareille justice, im tel honneur rendu à la vertu, de telles récompenses accordées aux bons et de tels châtiments infligés aux méchants ? Y eut-il Etat plus sagement dirigé qu'au temps où le monde était arrivé à n'avoir qu'une tète, et que cette tète était Rome, le temps précieux oii Dieu daigna naître d'une Vierge et vivre sur la terre ?
« Une seule tête a été donnée à chaque corps ; le monde entier par conséquent, que le poète appelle un grand corps,