Espitalier, op. cit., i36. — F. Masson, VI, 3io-3i
2l4 L ITALIE NAPOLÉONIENNE
Ce fut lobjet d'un rapport de Maret à TEmpereur : — Votre Majesté a fixé par le sénatus-consulte du 3o mars 1806 le sort des peuples de Naples et de la Sicile tombés en son pouvoir par droit de conquête et faisant partie du Grand Empire. Elle a institué dans ce royaume six fiefs de l'Empire. Elle a déclaré que le roi de Naples est à perpétuité grand dignitaire de l'Empire. D'après cela, de nombreux Français se sont établis à Naples pour y servir, croyant ainsi rester dans l'Empire. — D'où le projet de décret présenté à la signature de l'Empereur : Tous les Français domiciliés dans le royaume après avoir été autorisés à y transporter leur domicile, y jouissent du droit de cité.
Le décret, sous la dictée de l'Empereur, prit une forme plus nette et plus tranchante^ : — Vu notre décret du 3o mars 1806 portant que le royaume des Deux-Siciles fait partie du Grand Empire ; considérant que le prince qui le gouverne est Français et grand dignitaire de l'Empire, Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Tous les citoyens Français sont citoyens du royaume des Deux-Siciles. Le décret du roi en date du r4 juin ne leur est point applicable.
Les deux conceptions de l'Empereur et du roi s'expriment dès lors en une remarquable opposition : Le roi considère les Français comme des étrangers, son royaume comme indépendant ; pour l'Empereur, les Français ne sont pas étrangers à Naples, le royaume est dans l'Empire, le roi est Français. Cela éclaire l'idée que Napoléon se faisait de son autorité impériale et du caractère de l'Empire qui dépasse de beaucoup les limites de la France.
Crut-il à une résistance de Murât ? Du moins il fit ce qu'il fallait pour l'écraser d'un coup. L'armée de Naples, qui avait jadis fait la conquête du royaume, et dont le roi était le chef naturel, fut dissoute et transformée en un corps d'ob-