I. Gf., Corr. de Napoléon, XXXII, f
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Mais, dira-t-on, l'Empereur voulait l'Italie pour son second fils ? — L'Empereur n'eut qu'un fils.
Et nous rappelons le sénatus-consulte du 1 7 février 1 8 1 o qui a une autre valeur que les propos recueillis onze ans après par Antommarchi sur les lèvres d'un mourant : « Le prince Impérial porte le titre et reçoit les honneurs de Roi de Rome. » Donc Rome est au Roi de Rome et non à un roi d'Italie. « Il y aura à Rome un prince du sang ou un grand dignitaire de l'Empire qui tiendra la cour de l'Empereur... Après avoir été couronnés dans l'église de Notre-Dame de Paris, les Empereurs seront couronnés dans l'église de Saint- Pierre de Rome, avant la dixième année de leur règne. » Rome est à l'Empereur. Rome est dans l'Empire. Rome est la seconde ville de l'Empire. Il ne faut pas séparer Rome de Napoléon.
LE ROYAUME d'iTALIE
Cependant l'autorité directe de Napoléon s'exerçait sans obstacle sur le reste de Tltalie et pesait ainsi de plus en plus fortement sur le royaume de Naples pour l'y absorber à son tour, quand le moment en serait venu .
Les départements français du Piémont, de l'ancienne République Ligurienne, de l'ancien royaume d'Etrurie, des anciens Etats pontificaux, malgré la présence de Camille Rorghèse au gouvernement général des départements du Piémont, ou d'Elisa au gouvernement général de la Toscane, avaient une administration purement française, comme Rome même, chef-lieu du département des Bouches-du-Tibre.
Le royaume d'Italie n'avait pas changé depuis Presbourg et l'acquisition de la Vénétie, réunie par le décret du 3o mars 1806.
La République Italienne avait eu son premier statut à Lyon, lorsque Bonaparte en avait pris la présidence. Le second statut, celui du royaume d'Italie, du 17 mars i8o5, fixait la couronne héréditaire dans la descendance de Napoléon, qui la transmettrait à l'un de ses enfants, et elle serait ainsi à jamais séparée de la couronne de France. En 1806, Eugène fut autorisé à prendre le titre de prince de Venise, attaché dès lors à l'héritier présomptif de la couronne d'Italie. Douze fiefs français y devaient être constitués, pour retenir l'Italie dans l'Empire.
Eugène, vice-roi, est dirigé de tout près par l'Empereur auquel il ne cessa de montrer la plus parfaite docilité. Il n'agit que sur ordres ; il est prévenu qu'il n'a pas le droit de changer le plafond de sa chambre sans la permission de l'Empereur. Milan en feu, lui dit-on, il vous faudrait attendre des instructions pour éteindre l'incendie. C'est une manière de parler, mais elle est expressive.
Sur les ordres qu'il a de Paris, Eugène fait organiser les fortifications de Palmanova et Osoppo. L'armée italienne est constituée, jusqu'à 80.000 hommes ; elle a rendu de grands services à Raab, à Wagram ; l'esprit national dont elle témoigne éclaire l'avenir.
Les départements du royaume sont organisés à la française, avec tout le système des préfectures, des sous-préfectures et des municipalités. Le concordat français a été étendu à l'Italie, malgré le pape. Les institutions judiciaires, financières, y sont les mêmes qu'en France. Le Code Napoléon en constitue le régime social.
Napoléon fit le voyage de Venise en décembre 1807. ^^ nouveau « statut constitutionnel » précisa la situation d'Eugène ; la couronne d'Italie lui est assurée à titre héréditaire, mais, dit l'Empereur, après nous et à défaut de nos enfants et descendants mâles : ce qui portait un peu loin l'héritage d'Eugène.
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Après Wagram, le Tyrol italien fut annexé au royaume. Lors du divorce, Joséphine demanda qu'Eugène fût fait roi d'Italie. Mais l'Empereur, attendant un fils, dut faire à son beau-fils une autre destinée. Le i6 février il lui assura l'expectative du grand-duché de Francfort, après le primat Dalberg ; il lui laissa en même temps la vice-royauté d'Italie, mais à titre provisoire, pour vingt ans, sans doute afin de permettre au roi de Rome de grandir.
Alors le roi de Rome succédera à Eugène comme vice-roi d'Italie. Il sera peut-être comme roi couronné à Milan, la couronne de fer devant être séparée de la couronne de France ; il y fera d'une manière ou de l'autre l'apprentissage du gouvernement impérial, comme son père aux origines de sa fortune. Ensuite, Empereur à son tour, il sera couronné à Paris comme tel, puis à Rome avant la dixième année de son règne, et le cycle des générations impériales sera établi pour des siècles, dans la paix du monde, dans la paix française.
Rome même avait été réservée et revendiquée par l'Empereur dès i8o6 : « Je suis l'Empereur de Rome! » Le conflit du Sacerdoce et de l'Empire était de résultat inévitable, la foi n'étant plus la même qu'au moyen âge, le prestige de la papauté étant médiocre, et l'opinion publique étant d'inspiration philosophique et laïque. L'Empire cette fois ne semblait pas devoir être vaincu par le Sacerdoce.
Le décret de Vienne, du 17 mai 1809, annonça la réunion. Le pape fut enlevé de Rome, le 6 juillet, et le gouvernement fut mis aux mains d'une Consulte. Le sénatus-consulte du ly février 18 10 proclama l'annexion irrévocable à l'Empire.
Ces derniers Etats Romains furent organisés en deux départements : de Trasimène, chef-lieu Spolète, et des Bouches-du-Tibre, chef-lieu Rome. Le préfet de Rome fut Camille de Tournon \ un tout jeune homme, un beau cava-