Cf. sur tout cela L. Madelin, op. cit.. s
sans retour. La moitié de Rome vivait du gouvernement pontifical : il faut un prince qui puisse dépenser beaucoup. Nommez-lui une cour, et je consens à perdre la vie si Rome ne devient pas la ville la plus fidèle et la plus dévouée de l'Empire. Sire, tout Rome vous demande cette grâce par ma bouche. » Lui aussi, comme le Sénat romain, il appelle le moment où l'Empereur montera au Capitole.
Que Murât ait espéré Rome pour lui-même, qu'il ait eu l'idée de la disputer même à Napoléon, la chose n'est pas impossible ; il n'était pas incapable de cette ambition que lui attribue M. Louis Madelin dans ce qu'il appelle « la question romaine ». Mais il est difficile d'en fournir la preuve, et il ne peut y avoir là tout au plus qu'une présomption.
En tout cas ce n'est pas lui qui, dans la pensée de l'Empereur, devait fixer les destinées de Rome, puisqu'il y avait un Roi de Rome.
En attendant, le sénatus-consulte du 17 février 18 10 ne changea rien au gouvernement des anciens Etats du pape qui resta à la Consulte.
Cette persistance du provisoire ne laissait pas de produire quelque malaise. Le 12 juin 1810, parut, au Moniteur, la nomination d'un gouverneur-général, et c'était Fouché, le duc d'Otrante\ lui-même étonné de ce choix, « qui prouve bien, disait-il, que tout chemin mène à Rome ». Napoléon le pressait même de se rendre à son poste, à cause de l'agitation qui s'était manifestée à propos de la fermeture de certains couvents : Fouché était de taille à assurer l'ordre.
Puis tout à coup, peut-être parce que Tordre ne fut pas sérieusement troublé, la nomination fut rapportée, et sans doute Fouché n'en fut pas aussi étonné. Napoléon n'avait pas en lui une confiance absolue, et puis, comme dit joliment M. Madelin, peut-être éprouvait-il une sorte de jalousie à