I. Titre de son chap. vi, au livre III
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féconde. Il est vrai qu'il n'a rien laissé qui permette d'y ajouter le nom de Napoléon à ceux de César, de Titus, de Trajan ou même de Septime-Sévère, ni colonne, ni arc de triomphe ; mais le jugera-ton sur les résultats plus que sur les intentions et les premiers efiForts ? Le décret organique est du 27 juillet, et un an après, à la même date, Napoléon se perdait sur le chemin de Moscou, car tous les chemins ne mènent pas à Rome.
Il y a là tout un ensemble déjà grandiose, quoiqu'éphémère, d'entreprises diverses conduites avec un zèle remarquable et un étonnant esprit de réalisation.
Tournon, le préfet de Rome, en écrivait dès le 24 octobre 1810 à de Gérando, son collègue à la Consulte ' : rétablissement de la navigation intérieure dans la ville de Rome ; construction d'un pont sur les vestiges du ponte Rotto, l'ancien pont yEmilius ; construction d'un pont en fer qu'on ferait couler à Bracciano. Par ailleurs, — car Napoléon, on le sait, attachait beaucoup d'importance à 1 aménagement des voies navigables, — on exécuta de sérieux travaux sur le cours du Tibre, au pont et au canal de Fiumicino ; on s'occupa du canal de Rome à Civita-Vecchia, du port de Ripa Grande". On vérifia les écluses des canaux, on répara les dommages causés par les torrents, on régularisa la Néra, comme encore on établissait tout un dossier relatif au lac de Trasimène, à son dessèchement pour le mettre en culture, au canal de la Chiana. Il fut question de dessécher les Marais Pontins pour eu chasser la malaria et les remplacer par des jardins pour l'approvisionnement de Rome. Là aussi le pittoresque y eût perdu : le regretterait-on ?
Dans le même ordre d'idées, c'est-à-dire celui de l'hygiène et de la santé publique, — et il s'agit cette fois d'oeuvres qui
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LE PLAN d'une ROME NAPOLÉONIENNE ^35
sont restées — Napoléon voulut que Rome eût des cimetières; ce furent ceux de Saint-Laurent et de Saint-Pierre, l'un oriental, l'autre occidental. Car aux temps anciens les corps étaient brûlés. Les chrétiens furent ensevelis d'abord dans les catacombes, puis dans les voûtes souterraines des églises, chacun laissé libre en ce point, dans des conditions d'insalubrité, où la malaria trouvait du renfort : sous ce climat brûlant, chaqpie année il fallait fermer quelque église pour prévenir les exhalaisons pestilentielles.
La Consulte de Rome fit construire les deux cimetières et y institua un régime parfaitement adapté aux conditions locales. La chaleur du climat et le sol, qui est de cendre volcanique, poreuse et légère, ne permettent pas de creuser des fosses. On établit donc des voûtes, ou chambres souterraines fortement maçonnées, destinées à recevoir les cadavres pendant un an, jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment réduits en poussière pour être enterrés sans danger.
Mais enfin, pour en venir aux choses de l'esprit, des soins assidus furent donnés à l'entretien des églises, qui en avaient besoin, à l'église de Saint-Paul-hors-les-Murs, à celle de Saint-Clément, à celle du Gesu, à Saint-Pierre, notamment à ses quatre piliers; des paratonnerres, parafulmini, furent installés sur le monument.
La Via Appia fut entretenue, elle était en fort mauvais état. Les Archives, les Bibliothèques, les Musées, furent l'objet d'études et de rapports qui n'aboutirent pas à des résultats importants en si peu de temps, mais où sont les origines de leur organisation contemporaine.
Et c'est avec la même ardeur, la même intelligence, que les fonctionnaires envoyés à Rome par l'Empereur travaillèrent à l'entretien des monuments élevés par les Romains. La commission spéciale fut composée du préfet Camille de Tournon, Camillus Capitolinus, comme l'appelait Victor de Broglie, de l'intendant de la couronne, Martial Daru, le
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frère d'Antoine, et du maire de Rome, duc Braschi. Nos archives ont d'énormes dossiers de plans et de rapports qui resteront Je témoignage de leur activité qui fut merveilleuse, passionnée; ils avaient tous, comme disait l'architecte Sterni, leur principal agent d'exécution \ « la pensée de réveiller dans toute Tltalie l'enthousiasme du siècle d'Auguste ». Il faut apporter à létude de leurs travaux le même enthousiasme, si Ton veut les bien comprendre, et surtout y retrouver quelque chose de la pensée impériale.
C'est dans cet état d'esprit que tout d'abord, le 23 août 1 8 1 1 , le sieur Scipione Perosini présenta à la commission, qui en référa à l'Empereur, un plan grandiose de Palais Impérial à élever sur le Mont Capitolin, « la seule résidence qui convienne, disait-il, au plus grand des monarques ». Perosini essaie de se mettre à la hauteur des circonstances en effet exceptionnelles, et de voir grand. Il y est parvenu.
Nous avons ses plans sous les yeux-. Il s'agit en vérité de la construction de toute une Rome Napoléonienne. L'accès du Capitole est abrupt vers le nord, c'est là qu'était la Roche Tarpéienne. Pour éviter cette chute, notre architecte étabht dans cette direction une large voie d'accès, dont la pente s'adoucit, du haut du Capitole, jusque vers la place du Gesu qui est dans l'axe ; une voie latérale sera représentée par le Corso depuis la place du Temple où aboutit la Via Flaminia. Il est dommage que cette grande voie ne soit pas juste en face du Capitole, légère déviation que le monument luimême corrigera.
Donc sur le Capitole, on élèvera le Palais Impérial. Il sera considérable : il enveloppera l'emplacement du Mont Capitolin, du Palais des Conservateurs, de l'Ara Cœli, du Palais Caffarelli. Il se présentera par d'amples façades, à base