I. C'est-à-dire du temple de Vespasien
fut de reconstruire en sous-œuvre ce stylobate à une profondeur de 1 5 mètres, et au fond d'une espèce de puits très étroit. Cette construction en sous-œuvre pleine de grandes difficultés très habilement vaincues étant terminée, les tambours des colonnes furent démontés, replacés d'aplomb et solidement assujettis ; l'entablement reprit ensuite sa place, et les joints des blocs furent soigneusement masticjués afin d'éviter toute infiltration.
« Enfin, l'enlèvement total des terres autour des colonnes et jusqu'au mur du Tabularium, soubassement du Capitole, le mit en entier à découvert ; les colonnes du temple s'élancèrent isolées dans leur noble élégance, et on s'étonna de voir briller dans les airs l'admirable frise sculptée que naguère souillait le pied des curieux. » Et Tournon signale à l'estime de la postérité les architectes romains Valadier et Camporesi qui avaient conduit ce travail délicat.
A côté du temple de Jupiter (ou de Vespasien), l'édifice consacré à la Concorde, ou, suivant d'autres, à Junon Moneta, fut déblayé des constructions vulgaires qui avaient été appuyées contre ses colonnes ; son beau portique de granit fut entièrement isolé, et on put ainsi établir sur les murs de soutènement une route qui conduisit au Capitole par une pente accessible aux voitures.
« Alors changea totalement d'aspect ce versant du Mont Capitolin si chargé de restes précieux, mais si déshonoré par un honteux abandon, et il suffira de jeter les yeux sur les vues données par Piranesi et autres graveurs et de les comparer à l'état actuel pour comprendre l'étendue et l'importance des travaux entrepris sur ce seul point. »
Au-dessous de ces monuments du Clivus Capitolinus, la colonne isolée qui, à l'entrée du Forum disparaissait cachée entre deux vieilles maisons, dégagée par leur démolition et profondément fouillée, fut reconnue par l'inscription de sa base pour un monument antique remanié et consacré à Phocas.
248 ROME DANS l'aTTENTE DE NAPOLÉON
Toujours en remontant le Forum, on déblaya, jusqu'à la rencontre du pavé, les bases des colonnes du temple de Jupiter Stator*. La vasque de granit qui orne maintenant la place de Monte-Cavallo, fut dégagée des terres qui l'enfouissaient, tandis qu'en face l'enlèvement des amas de débris amoncelés dans le portique d'Antonin et Faustine mit à na les bases de ses colonnes de marbre cipolin et découvrit le soubassement de ce monument, au pied duquel on trouva parfaitement conservé le pavé de la Voie Sacrée, « où semblaient empreints encore les pas des vainqueurs marchant au Capitole et ceux des vaincus traînés aux Prisons Mamertines ».
D'importants travaux eurent lieu au temple de la Paix ^. Les constructions modernes disparurent ; les terres, les débris de murs et de voûtes furent enlevés, et dessous un pavé élégamment disposé en marbres précieux fut retrouvé à une profondeur de plusieurs mètres. « Alors les trois voûtes colossales recouvrèrent leurs belles proportions, et on put comprendre le plan de cet immense monument, dont les réparations aux murailles et aux voûtes consolidèrent toutes les parties, et qu'on se préparait même à garantir des infiltrations en les couvrant d'une couche de ciment. »
On rencontra de grosses difficultés en arrivant au seuil qui sépare le vallon compris entre le Capitole et le Palatin, de celui qui est entre le Palatin, l'Esquilin et le Cœlius. Là, entre le temple de la Paix et l'arc de Titus, il y avait une belle église, un vaste couvent et des greniers. On démolit les greniers et une partie considérable du couvent. Mais on conserva l'église, Santa Francesca Romana, très vénérée en souvenir du retour de Grégoire XI qui y a son tombeau. Les deux vallons néanmoins se trouvèrent réunis ; le sol fut
1, Ou de Castor et PoUux.