Basilique de Constantin, ou encore de Maxence
abaissé jusqu'aux bases du temple de Vénus et Rome, ouvrage d'Adrien. On y trouva beaucoup de débris précieux, soit de la Maison Dorée de Néron, soit d'autres monuments inconnus.
Par la démolition des greniers, l'arc de Titus, qui s'y appuyait, fut isolé; de profondes et anciennes dégradations y furent réparées. Depuis, observe Tournon, on y a exécuté une restauration de mauvais goût, dont l'administration française n'est pas responsable.
Et on arrivait ainsi au Colisée. Longtemps conservé comme une forteresse des barons romains, l'immense monument avait été entamé, surtout dans sa partie méridionale, par les matériaux qu'on en avait enlevés pour construire les palais Farnèse et Barberini. L'enceinte septentrionale avait échappé, et Pie VII l'avait consolidée par un éperon. Mais les voûtes intérieures étaient gravement endommagées. On enleva les terres du côté du Nord ; un mur fut établi pour soutenir le terrain où passe la route de Naples. Alors l'intérieur fut déblayé ; les portiques furent nettoyés ; les dalles du pavé furent découvertes ; on put circuler sous le triple berceau des voûtes, et « suivre sur les marbres usés les traces du peuple romain se précipitant vers d'horribles plaisirs ».
Les fouilles convergèrent vers l'arène, encombrée de murs elliptiques et concentriques, coupés de murs en ligne droite, qui sans doute soutenaient autrefois un plancher d'où sortaient les décors ou les barrières : — une mine de conjectures pour les historiens. Les murs furent repris en sousœuvre ; les voûtes furent consolidées, nettoyées des arbustes qui avaient pris la place des spectateurs, et le Colisée fut assuré d'une longue durée.
Des travaux furent entrepris aux bains de Titus, sur la pente de l'Esquilin, près du Colisée. On en découvrit les galeries ornées de stucs parfaitement conservés, et couvertes de peintures, caissons, arabesques, dorures fraîches et éclatantes : tout un admirable musée rendu à la lumière.
2 DO ROME DANS h ATTENTE DE NAPOLEON
L'arc de Janus Quadrifrons, à peu de distance du Forum Romanum, entre le Velabrum et le Forum Boarium, fut déterré de 2 à 3 mètres, et on entreprit de l'isoler. Près du Tibre, le temple de Vesta (ou d'Hercule vainqueur) fut dégagé ; les fouilles découvrirent son emmarchement circulaire, et « ce charmant édifice parut dans toute sa gracieuse élégance..., tandis qu'à ses côtés le temple de la Fortune Virile, bâti par Servius Tullius, également dégagé de l'amas de terre qui cachait son stylobate, montra sa mâle beauté presque contemporaine du berceau de Rome » .
Il y eut d'importants travaux autour de la Colonne Trajane. Elle était comme perdue au milieu de deux églises et de beaucoup d'habitations. On ne toucha pas aux églises, Notre- Dame-de-Lorette et del-Nome-di-Maria ; on supprima seulement deux couvents sans intérêt et quelques maisons, et on eut une place elliptique, dont la colonne occupa un des deux foyers Le sol fouillé jusqu'au niveau antique, on y retrouva les fondations de la Basilique Ulpienne dessinées par des murs et des bases de colonnes, par de vastes espaces pavés en marbre. Le tout fut entouré d'un mur elliptique pour soutenir les terres, et sous les arcades de ce mur on réunit les débris de toutes sortes trouvés dans les fouilles : une sorte de Musée de la Colonne Trajane ^
Ainsi fut complètement dégagé le monument du vainqueur des Daces, le modèle de la Colonne d'Austerlitz.
Le décret impérial du 27 juillet 1 8 1 1 avait prévu l'établissement d'un jardin botanique. On en fixa l'emplacement aux Jardins du Capitole, sur le Palatin, en face du temple de la Paix. Une pépinière, qui y fut essayée en 181 1, y réussit bien. On se prépara à étendre les plantations sur
I. Voir aux Arch. Nat., F^^, i568 A, tout un dossier relatif aux travaux de la place Trajane, avec des plans et des rapports ds Gisors.
toute la partie orientale des Jardins Farnèse, depuis la hauteur de Tare de Titus jusqu'à celle du temple de Jupiter Stator, loin de la poussière des routes. Mais on n'eut pas le temps de développer cette idée.
Ce fut dommage. Car Berthault avait appliqué à tout l'ensemble du Palatin un plan d'une vraie grandeur. Il l'encadrait dans une suite d'avenues larges et droites : de l'Arc de Triomphe de Constantin, il faisait partir l'avenue de Constantin^ jusqu'au carrefour Constantin formé d'une double rangée d'arbres avec une fontaine. Cette avenue avait deux pentes, la première de l'Arc de Constantin à l'aqueduc de Claude, Aqua Claudia, 3i3 mètres de longueur ; la deuxième jusqu'au carrefour, 209 mètres.
Du carrefour Constantin, en revenant au sud-ouest, on suivait l'avenue des Cirques *, bordée à gauche par le Cirque Maximus, à droite par les fortes masses des ruines du palais des Césars, où l'on distingue encore la Bibliothèque du Palais, et la loge d'où les Empereurs assistaient aux exercices du Grand Cirque. Longue de 58 1 mètres, l'avenue des Cirques aboutissait à la place de l'Arc de Janus. La place de l'Arc de Janus aurait pris une forme demi-elliptique entre les deux églises de Sainte-Anastasie et de Saint-Georges-de- Vélabre, celle-ci une des plus anciennes basiliques de Rome, De là se découvrait le Tibre, avec les temples de Vesta et de la Fortune Virile, que l'on dégagerait ; au sud-ouest, le temple de Vesta serait bordé d'une avenue avec des degrés descendant au Tibre.
On rentrait au Forum, vers le temple de Jupiter Stator, par l'avenue de Romulus, 3 1 5 mètres ' ; mais il y fallait démolir l'église Sainte-Marie-Libératrice.