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LE PALAIS IMPÉRIAL DU QUIRIIfAL 253
très justement M. Madelin \ qui a renouvelé par le Forum déblayé le souvenir de la Rome des Empereurs, et cela reste ineffaçable. Il a eu partout le privilège de restaurer les siècles. »
En vérité, il n'a pu qu'indiquer les grandes lignes de la restauration de l'ancienne Rome. On a fait beaucoup après lui : sur le Forum à la Basilique Julia, à l'Atrium des Vestales, aux Rostres, au Lapis Niger. Au Palatin surtout on a fait autre chose que d'aménager des jardins, et au Palais de Caligula, à la Domus Tiberiana ou à la Domus Augustana, au temple de Cybèle, à la Roma Quadrata, on a vraiment inauguré la résurrection des palais Impériaux.
Napoléon, sans doute, n'avait pas l'idée d'une telle grandeur. Quand même, il a laissé sa marque sur toute cette Rome immortelle. Que n'eût-il pas fait, s'il y fût venu? On s'efforce d'imaginer son émotion en ce milieu incomparable, le seul au monde qui fût à sa taille : Napoléon au Capitole, au Forum romain ! Napoléon au Palatin ! Lui seul jusqu'ici eût été capable de faire jaillir de ce sol privilégié les grands siècles d*histoire qui y sont engloutis, et où son œuvre même se fût triomphalement renouée à celle des Empereurs, des Césars et des Augustes ses prédécesseurs.
Et il s'en fallut de peu qu'il ne vînt. On préparait tout pour le recevoir, à l'occasion du second couronnement.
Pour recevoir l'Empereur à Rome, il fallait un palais Impérial. Le plan de Perosini avait été écarté comme trop coûteux et fantaisiste : les grandes œuvres d'art ne se peuvent
2i>4 ROME DANS LATTENTE DE NAPOLÉON
fonder sur la destruction des plus expressifs monuments du passé. Les palais des empereurs romains d'autrefois « dormaient sous les roses des Jardins Farnèse » ', et leur existence même était quasi-méconnue. Et puis le temps pressait ; l'Empereur pouvait venir d'un moment à Tautre : il fallut donc tout simplement chercher parmi les palais habitables à Rome celui qui conviendrait le mieux à la grandeur de son hôte.
Il semble qu'on songea au Vatican, la résidence ordinaire des papes. Mais, outre que le pape pouvait revenir à Rome, d'accord avec TEmpereur, et qu'il importait qu'alors il eût son palais auprès de Saint-Pierre, d'autre part il ne convenait pas que l'Empereur eût le sien au delà du Tibre, dans le Transtevere. La Rome impériale est au sud du Tibre, autour du Gapitole, et, sur un rapport de Miollis, il parut que le Quirinal était seul propre à la résidence de l'Empereur. Le 2 5 février i8i i, un décret impérial " le réunit à la dotation de la couronne, dont les fonctionnaires en prirent aussitôt possession.
Sans doute, le Quirinal n'avait rien d'impérial ; il était im spécimen assez ordinaire de l'architecture du xvi'' siècle ; mais il était assez grand ; les papes s'y installaient souvent en été, l'air y étant meilleur qu'au voisinage du Tibre. Et on pouvait l'agrandir encore, ou le compléter de dépendances importantes. Ainsi la Consulte y fut annexée, et la préfecture, qui y était installée, fut transportée à Monte-Gitorio, la cour de Justice devant être établie au palais de la Chancellerie, par le décret impérial du 27 juillet 181 1 ^.