L EDUCATION ROMAINE DE LA FRANCE
que la race et que la langue pour la constitution des nationalités : nous le voyons de reste autour de nous, parmi les révolutions nationales qui bouleversent la face de l'Europe,
Puis la Gaule, ou la France, fut la fille aînée de l'Eglise. Elle en eut d'autres aspirations universelles, c'est-à-dire encore impériales.
Province de l'Empire, elle fut aussitôt une province du christianisme. Lyon, la capitale, eut la première église catholique des Gaules. La persécution de 177 sous Marc-Aurèle y fut particulièrement sanglante et imposa à la vénération de la postérité les noms de saint Irénée, de saint Pothin, de sainte Blandine et du petit esclave Ponticus. De toutes les provinces chrétiennes, la Gallia fut la plus zélée ; car elle tenait des anciens Gaulois le goût de la propagande ; on sait qu'ils avaient rempli toute l'Europe du bruit de leurs exploits, de l'Asie Mineure à l'Océan Atlantique ; leurs descendants n'ont jamais su garder pour eux leurs idées, leurs croyances, leurs inventions. C'est la nation expansive, ou, comme on la dit souvent, la nation-apôtre.
Elle entendit donc de bonne heure l'Evangile de Jésus. Elle l'aima, car il ne s'accordait pas mal avec le mysticisme druidique, et avec la croyance ancienne en l'immortalité de l'âme.
Elle eut, même avant l'établissement de la suprématie pontificale, de grands évêques, des évêques-apôtres, saint Denis de Paris, saint Hilaire de Poitiers, l'impitoyable correcteur de toutes tendances hérétiques, saint Martin de Tours, l'apôtre populaire, le grand apôtre des Gaules, saint Germain d'Auxerre, au temps de sainte Geneviève, saint Rémi de Reims, l'ami de Glovis.
Ils conquirent et convertirent les Francs païens, fiers Sicambres, leur firent brûler ce qu'ils avaient adoré, adoucirent leur barbarie par* la crainte de l'enfer. Ils leur donnèrent toute la Gaule, ouvrant devant eux les portes des villes ,
Driault. — Grand Empire. 2
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puis les employèrent, malgré leur rudesse ou grâce à elle, à une nouvelle et décisive propagation du christianisme.
Ce fut l'origine de l'apostolat de saint Augustin de Cantorbéry qui fit de l'Angleterre une nouvelle province de l'Église, la première province du Saint-Siège, puis de celui de saint Boniface en Germanie où il fut continué par Gharlemagne.
Gesont les guerriers francs qui conquirent la Saxe, renversèrent rirminsul, vengèrent les légions de Varus. Ce sont les évêques francs et les moines francs de Fulda qui introduisirent la Germanie dans la société civilisée, qui en firent une autre « province » de 1 Eglise, comme Napoléon devait en faire une autre province de la doctrine révolutionnaire.
Car la France carolingienne ou féodale trouva dans sa foi religieuse surtout l'inspiration des entreprises les plus lointaines. Elle en remplit le moyen âge presque tout entier : « Gesta Dei per Francos » .
Ce sont des Normands de France qui ont conquis l'Angleterre avec Guillaume le Bâtard; d'autres Normands ont fondé des royaumes dans l'Italie Méridionale, ont indique le chemin de la Palestine. Ce sont surtout des guerriers de France qui ont voulu reprendre les Lieux-Saints aux Infidèles. C'est à Clermont en Auvergne qu'ils s'étaient croisés : Godefroi de Bouillon, Robert Courte-Heuse, Tancrède de Hauteville, BohémonddeTarente, tous des Français de France ou de Normandie ; guerriers fameux parmi les plus fameux de l'histoire.
11 y eut longtemps des Etats Francs dans le Levant, royaume de Jérusalem, comté de Tripoli, principauté d'Antioche, comté d'Edesse, et toute une mosaïque de seigneuries, à l'imitation des fiefs de France. Il y eut un Empire latin de Constantinople, sous des princes francs, une principauté franque d'Achaïe : on y vit le premier de nos chroniqueurs, Geoffroi de Villehardouin.