C'est la leçon du livre de M. Madelin
acclamations, et le prestige de sa grandeur eût vite assuré de l'un à l'autre les rapports de la plus parfaite concorde. Norvins écrivait à FEmpereur en i8i5 : « Sire, Rome vous attendait avec sa gloire et avec la vôtre. Quelles impressions n'auriez-vous pas ressenties Tune et l'autre si enfin vous vous étiez vus ? Le tête-à-tête de vos deux immortalités aurait donné au monde un spectacle nouveau. » — « Tête-à-tête orageux, observe ici M. Madelin ^ ; deux immortalités font rarement bon ménage. » — Erreur : pour Norvins, il ne s'agit pas de l'immortalité catholique, pontificale, en tête-à-tête avec l'immortalité napoléonienne ; il s'agit de l'immortalité de la Rome impériale, et non seulement la Rome des Césars et celle de Napoléon s'accordaient ; mais elles se complétaient, elles s'appelaient.
Et maintenant, admettra-t-on encore la thèse que soutint Sorel, sur la foi d'Antommarchi, surprenant quelques mots sur les lèvres de Napoléon mourant" : l'Italie et Rome abandonnées par l'Empereur à son deuxième fils, au frère du Roi de Rome ; thèse reprise par M. Madelin ^ Elle est contredite par toute la politique de l'Empereur depuis la première campagne d'Italie ; elle est contredite par tout son caractère ; elle le réduit à n'être plus qu'un « Européen », comme Talleyrand, soucieux d'un équilibre de libertés nationales qui n'eût été pour lui qu'une abdication, et à laquelle il ne consentit jamais, même vaincu. Elle lui arrache sa couronne impériale.
Au fait, elle est contredite par ses propres auteurs.
Sorel avait écrit d'abord, un chapitre heureusement intitulé le Proconsulat de Bonaparte (1796- 1797) : « L'Italie est pour Bonaparte ce que la Gaule avait été pour César, non