‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 150 sur 225 · A. Vandal, III, 176 et s · texte numérisé non relu

A. Vandal, III, 176 et s

la provenance que nous ne sommes pas autorisé à indiquer précisément \ « Invité à deviner, nous supposons qu'il s agit des papiers de la famille Caulaincourt. Mais alors leur valeur de renseignement dépend de diverses considérations. D'abord ce n'est qu'un document unilatéral. Il est possible que l'auteur s'y donne le beau rôle. Et, comme on y prévoit le désastre de l'Empereur, il faudrait savoir à quelle date cela a été écrit.

Quoi qu'il en soit, on sait par M. Vandal le sens du développement. Il plaida la loyauté des intentions pacifiques du tsar Alexandre. Il énuméra les provocations et les offenses caractérisées dont ce prince à l'âme chevaleresque avait eu à souffrir... Napoléon écoutait tout cela de sang-froid, ce qui est assez étonnant pour qui le connaît. Caulaincourt continua : que le tsar ne voulait pas commencer la guerre, que l'offensive que lui avaient imputée les Polonais était un « conte ridicule ». — Tout de même. Napoléon lui fit observer qu'il était là-dessus mal renseigné, les preuves contraires étant formelles. Impressionné pourtant, paraît-il, Napoléon aurait demandé si en effet la Russie resterait dans le système continental moyennant des satisfactions sur la Pologne, et Caulaincourt répondit qu'il le croyait si l'on y faisait un « grand sacrifice ». — Et pourquoi, observerons -nous, la France eùt-elle fait un « grand sacrifice ? » Invité à préciser, il parla de l'évacuation de Danzig et des places prussiennes de TOder. Napoléon se récria, naturellement : — « Bientôt il faudra que je demande à Alexandre la permission de faire défiler la parade à Mayence. — Non, mais celle qui défile à Danzig l'offusque. . . — Les Russes sont devenus bien fiers : on veut me faire la guerre. — Non, ni la guerre, ni la loi, mais on ne veut pas la recevoir. » — Ces réparties et ce ton sont bien invraisemblables, ou Napoléon ce jour-là était bien patient.

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