‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 152 sur 225 · I. A. Vandal, III, 212 et s · texte numérisé non relu

I. A. Vandal, III, 212 et s

Montmartre, je ne céderai pas un pouce du tei-ritoire varsovien. J'en ai garanti l'intégrité ; vous n'en aurez pas un village, vous n'en aurez pas un moulin.

« ... Si vous me forcez à la guerre, je me servirai de la Pologne comme d'un moyen contre vous, et si cette crise n'est point passée au mois de novembre, je lèverai 1 20.000 hommes de plus; je continuerai ainsi deux ou trois ans, et si je vois que ce système est plus fatigant que la guerre, je vous la ferai... et vous perdrez toutes vos provinces polonaises. »

De plus en plus terrible : « Vous savez que j'ai de Fargent et des hommes... » Et il aligna selon sa coutume de formidables chiffres; il annonça que les Russes n'auraient pas d'alliés, ni la Prusse, ni l'Autriche, ni la Suède : « Vous aurez le continent contre vous ».

Comme Kourakin affirmait que son maître ne demandait que la conciliation. Napoléon le mit au pied du mur : « S'arranger, j'y suis prêt. Avez-vous les pouvoirs nécessaires? Si oui, j'autorise de suite une négociation. » L'ambassadeur répondit qu il n'avait pas de pouvoirs, qu'il en demanderait, et l'Empereur aimable : « Ecrivez, je n'ai rien contre; mais votre cour sait depuis longtemps ce que je viens de vous dire. »

Et il le laissa aller après trois quarts d'heure d'un monologue dont le pauvre ambassadeur demeura tout endolori : « Il fait bien chaud, disait-il, chez Sa Majesté ! »

Le lendemain, 16 août, eut lieu le célèbre travail de Maret chez Sa Majesté, dont nous avons donné les grandes lignes ' : Défendre et agrandir le duché de Varsovie. — Armer et s'allier avec l'Autriche et la Prusse. — Reprendre à la Russie par les armes ou autrement la Moldavie et la Valachie. — C'était la guerre, à peu près inévitable, pour le printemps de 1812.

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