I. Aff. Étn. Corr. de Prusse, vol. 244, f
termes de sa contribution. L'association des « Amis de la Vertu » paraissait avoir fait des progrès considérables. Et le ministre concluait que cet état de choses devait fixer l'attention de Sa Majesté Impériale : « Il y a peu de fonds à faire sur Tamitié d'une puissance si vacillante, malgré la pureté des intentions du roi. »
Le comte de Saint-Marsan avait été nommé ambassadeur de France en Prusse à la fin de 1808 pour y veiller à l'exécution de la convention du 8 septembre au point de vue financier et militaire. La question de la contribution était particulièrement délicate : de i4o millions de francs, elle avait été ramenée à 120 par l'intervention du tsar. Glogau, Kustrin et Stettin devaient rester occupées par des garnisons françaises jusqu'à l'entier acquittement de la contribution ; le reste du pays devait être évacué. La Prusse ne devait avoir que 42.000 hommes sous les armes, sans milices ni gardes bourgeoises. La Prusse devait fournir un contingent de 12.000 hommes contre l'Autriche en 1809, de 16.000 dans les années suivantes, moyennant quoi, la France garantissait son intégrité territoriale^. — Il est sans doute inutile de dire que la Prusse ne fournit aucun contingent en 1809 contre l'Autriche : elle donnait ainsi barres sur elle.
Il y eut des difficultés pour le paiement, donc pour l'évacuation. M. de Krusemark fut envoyé à Paris pour solliciter des arrangements : l'Empereur y était mal disposé. Il y eut quelque paiement dans le courant de 1809, en moyenne 2 ou 3 millions par mois, selon les disponibilités du trésor. Il restait à payer, au commencement de 18 10, 91 millions. La Prusse n'avait point de ressources ; elle proposa alors à Napoléon ce qu'elle appelait « l'ultimatum de la possibilité physique », c'est-à-dire toute une série d'expédients : 38 millions qu'elle emprunterait en Hollande, 5 millions de lettres de