‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 158 sur 225 · I. Aff. Étr., Corr. de Prusse, vol. 244, f · texte numérisé non relu

I. Aff. Étr., Corr. de Prusse, vol. 244, f

284 l'alliance prussienne

prouver s'anéantirait faute des moyens d'entretenir quelque force militaire si l'Empereur ne se relâchait un peu de la sévérité des conventions.

On annonçait à Saint-Pétersbourg que la Prusse cherchait à entrer dans la Confédération du Rhin ou à faire une alliance avec la France ^

Sans prendre toutes ces assurances au pied de la lettre, on pouvait admettre qu'éclairé par les événements le roi était venu sincèrement à l'idée d'une entente avec la France.

Saint-Marsan, ayant transmis tout cela à Paris, reçut Tordre de prendre des renseignements précis sur la situation de 1 opinion en Prusse, et voici le résumé de son enquête" :

Il est bien certain qu'il y a parmi le peuple et dans toutes les classes de la société et même à la cour des ennemis acharnés de la France qui, en sauvant ou non les apparences, voudraient conserver des relations clandestines avec les puissances rivales de la France ; c'est par exemple le cas du ministre Scharnhost. C'est un parti qui se rattache à ce qu'on pourrait appeler le parti révolutionnaire de l'Allemagne.

Ainsi la princesse Radzivvill et la princesse Guillaume se montrent toujours particulièrement passionnées contre la France, et la Société des Amis de la Vertu était très propre à propager un esprit qui aurait pu à la fin amener une catastrophe intérieure dans le pays. Le roi a défendu cette association, mais on ne saurait affirmer qu'elle soit entièrement détruite.

(( C'est une circonstance assez singulière, continue lambassadeur, que nos ennemis les plus déclarés projettent tous les jours des changements dans les anciennes institutions du pays dont l'idée est prise dans nos propres institutions. Ces changements opérés ou annoncés dans un moment où per-

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