Ibid., vol. 245, fo 75 ; • — vol. 248, fo
sonne n'est content de sa situation choquent l'ancienne noblesse qu'ils attaquent directement, et ne produisent pas l'effet qu'on pourrait s'en promettre auprès des autres classes dans des temps plus propices, attendu que tous les individus sont plus ou moins exclusivement occupés et mécontents de la détresse des finances particulières et publiques.
ce — J'adresse à Votre Excellence un petit ouvrage que vient de publier M. Wolkmann, chargé d'affaires de Hambourg à Berlin, La libre circulation qu'on a laissée à cet ouvrage prouve que l'esprit dans lequel il est écrit ne contrarie pas les vues des faiseurs de projets. Mais je ne serais pas éloigné de croire, malgré les éloges que ces messieurs donnent aux institutions françaises, que Tidée d'introduire beaucoup d'innovations ne se rattache plus ou moins au système d'amener une Révolution en Allemagne dans le sens de celle que l'Autriche espérait voir éclater pendant la dernière guerre, système favori de quelques têtes exaltées, de quelques professeurs ou soi-disant savants et des prétendus Amis de la Vertu.
« Au reste le roi, tout en désirant faire plusieurs changements utiles et devenus nécessaires dans le siècle actuel, n'aime pas du tout cette clique, et elle perdra beaucoup de son influence à mesure que Sa Majesté se prononcera fortement pour ce système d'union avec la France et qu'Elle fera taire par là les petites intrigues de cour. »
Dans l'entourage du roi, Saint-Marsan signale le chancelier Beyme comme étant tout à fait pour l'union avec la France. Kalkreuth aussi est très prononcé pour « le bon système » ; très cassé et beaucoup vieilli, il se déclare pourtant le chef et le protecteur des ce Amis du Vice ». Le kronprinz, âgé de seize ans, révèle déjà « un caractère très décidé... Il est prononcé contre les Frères de la Vertu et en a fait une caricature de sa main, dont l'original m'a été prêté et dont Votre Excellence trouvera ci-joint une copie calquée. Voici l'expli-
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cation qu'il en a donnée lui-même : la Secte est représentée par une figure féroce qui se lance armée d'une fourche contre la France, mais elle n'est appuyée que sur un pied qui pose dans la boue. La lumière est figurée par une étoile qui est sur son derrière. Elle a une dague et une tour gothique pour figurer les ancie/i5 Allemands qu'ils invoquent toujours. Il lui sort de la bouche la parole Vin Wein, et elle a le corps entouré de flacons pour indiquer qu'elle est dans un état d'ivresse... Le prince, en donnant cette caricature à quelqu'un de sa confiance, lui a dit de lui garder le secret ; car ces gens, dit-il, seraient capables de me persécuter. J'ai cru devoir communiquer ce trait caractéristique à Votre Excellence en la priant cependant de ne pas permettre qu'on en fasse un usage public. »
Ainsi donc le parti révolutionnaire anti-français n'était pas sans rencontrer à la cour une opposition sincère et puissante, et cela pouvait y être une raison de plus de s'accorder avec la France pour y trouver une protection.
On avait rappelé le comte de Finkenstein, ministre de Prusse à Vienne, « à cause de sa conduite où il s était montré anti-français d'une manière indécente pour la neutralité du roi et très zélé pour une alliance austro-anglaise ' » .
Mais voici mieux : le i3 février 1810, Saint-Marsan fut convoqué au palais, en dehors du ministre Golz, « pour que cette visite n'eût pas un caractère officiel », et il y reçut « la profession de foi d'un prince personnellement doué de beaucoup de probité et de sincérité ». En effet, comme il était convenu, l'ambassadeur se trouva à cinq heures dans l'appartement de la grande-maîtresse. M""* de Voss ; le roi et la reine aussi y vinrent comme par hasard, emmenèrent Saint- Marsan dans une pièce voisine et le gardèrent une heure et demie par des assurances répétées de dévouement à l'Empe-