I. Aff. Étr., Corr. de Prusse, vol. 245, f
LA FilUSSE DANS LE SYSTEME FRANÇAIS 289
Potsdam, entre Hardenberg et le roi. Saint-Marsan en fut informé, afin qu'il n'en prît aucun soupçon et qu'il en prévînt son gouvernement. Il se tint sur la réserve, ignorant les intentions de l'Empereur,
Le 5 mai, d'accord avec le roi, Hardenberg fit connaître à Saint-Marsan les directions qu'il donnerait éventuellement au gouvernement prussien : « Les iuLentions de Sa Majesté Impériale et Royale régleront absolument ma conduite... Il me paraît absolument impossible qu'aucun homme sensé et bien pensant, quelle qu'ait été son opinion antérieure, puisse vouloir faire adopter à la Prusse tout autre système que celui de s'attacher de bonne foi à celui de l'Empereur, et de n'attendre son salut que de lui. Je ne m'étendrai donc point sur ma profession de foi politique. Satisfaire à nos obligations et mériter la confiance de Sa Majesté Impériale et Royale par une conduite franche, loyale et conséquente, resserrer les liens malheureusement encore trop relâchés entre la France et la Prusse, voilà les bases sur lesquelles nous devons sans contredit rétablir notre édifice, voilà à quoi doivent tendre tous nos soins.
« ... Que Sa Majesté Impériale daigne prononcer sur la part que je pourrai prendre aux affaires. Ce sera donner au roi une preuve essentielle du retour de sa confiance et de ses bontés. Il se conformera aux hautes intentions de l'Empereur ; et, d'après celles-ci, ou bien je me renfermerai dans la retraite, ou je travaillerai avec ardeur à rétablir sur des fondements solides ce système dont dépendent la guérison des profondes playes de la Prusse et son existence future '. »
Ghampagny ne fut pas insensible à cet appel : Saint-Marsan fut autorisé à permettre le retour de Hardenberg, s'il jugeait que sa présence aux conseils du roi pût être utile aux intérêts de l'Empire :