LA CRISE DE 1811 EN PRUSSE
Le 19 juillet, la reine Louise mourut d'une fluxion de poitrine, chez son père le duc de Mecklembourg : il parut qu'elle emportait dans la tombe le système anti-français qu'elle avait jadis passionnément personnifié.
Hardenberg se mit aussitôt à l'œuvre de la restauration financière : il fit des économies sur le budget de l'armée ; Teffectif fut ramené, par des congés, de 39.000 à 22.000 h. ; le tableau en fut remis à Saint-Marsan. Il vendit des domaines de l'État ; il ordonna un emprunt sur les riches ; il réorganisa les contributions. Il put ainsi accélérer le paiement de l'indemnité due à la France, 10 millions en trois mois. Il espéra l'évacuation de Glogau, peut-être de Stettin, après le paiement de la moitié de la contribution totale, ou 60 millions ; il dressa en ce sens un projet de convention.
Cependant, aussitôt soulagée en quelque manière, la Prusse se remit à l'œuvre de son relèvement. Les philosophes s'attachèrent fiévreusement au travail de la rénovation morale et patriotique. Fichte publia ses « Discours à la nation allemande ». L'Université de Berlin fut fondée.
Napoléon avait peut-être commis une erreur en laissant revenir Hardenberg, comme autrefois en recommandant Stein.