‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 164 sur 225 · LA CRISE DE 181I EN PRUSSE · texte numérisé non relu

LA CRISE DE 181I EN PRUSSE

L'année iSii s'ouvrit par la rupture franco-russe, donc par des menaces de guerre immédiate.

La Prusse, inquiète d'être aussitôt broyée, se tient prudemment dans le système français ; mais elle voudrait une garantie de Napoléon ; elle voudrait que son humiliation lui servît au moins à quelque chose. Elle paie sa contribution terme par terme; elle applique scrupuleusement le tarif de

Trianon ; elle livre avec empressement les marchandises anglaises confisquées dans ses ports. Elle fait des avances pour une alliance avec la France ; Hardenberg parle même d'entrer dans la Confédération du Rhin : on espère que la paix pourra être sauvegardée avec la Russie ; mais on laisse entrevoir qu'on ne balancerait pas à se déclarer pour la France si malheureusement une rupture avait lieu'. On dément le bruit qui avait couru d'un projet de mariage entre le roi et la grande-duchesse Anne.

Mais pour toutes ces excellentes dispositions, on voudrait des assurances qu'elles sont appréciées à Paris. On espérait que Saint-Marsan, à son retour de congé, aurait apporté quelque projet d'union, de traité, et son silence n'a pas laissé que d'inquiéter le roi qui craint toujours, et pour cause, que Sa Majesté Impériale et Royale n'ait pas encore une confiance entière dans la pureté de ses intentions.

Là-dessus tombent, comme un coup de tonnerre avantcoureur d'une furieuse tempête, le « prétendu rapport » de Ghampagny à l'Empereur, et les a prétendues Instructions » de Ghampagny à Saint-Marsan^. Quoi qu'il en soit de leur véracité, que d'aucuns ont estimée suspecte, ces deux pièces exprimaient bien les idées de Ghampagny : qu'une alliance avec la Prusse serait inutile et même onéreuse et gênante, et qu'en cas de guerre avec la Russie, ou même préventivement, il fallait d'abord détruire la Prusse.

En somme, c'était la pensée de Napoléon avant Tilsit, et

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