‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 166 sur 225 · Aif. Étr., Corr. de Prusse, vol. 247, {° aao, 3a · texte numérisé non relu

Aif. Étr., Corr. de Prusse, vol. 247, {° aao, 3a

296 l'alliance prussienne

la paix n'étant pas rompue avec la Russie, et par conséquent toute négociation avec la Prusse ne pouvant que troubler l'opinion. Il dit aussi que TEmpereur avertissait qu'il fallait « contenir et éloigner les brouillons ».

L'émotion redoubla, parmi les armements partout multipliés. Des officiers français parlèrent ouvertement d'enlever le roi avant qu il ne pût s'échapper au delà de lOder. L'inquiétude fut au comble.

Le gouvernement prussien se décida à prendre quelques mesures militaires ; mais, pour que ces précautions ne fussent pas interprétées à son dam, M. de Golz, le 4 mai, annonça le départ pour Paris de M. de Krusemark, porteur d'un projet de convention ^.

Ce projet comportait une alliance offensive et défensive avec la France dans toute guerre qui aurait lieu en Allemagne ou sur les confins de la Prusse. — La Prusse fournirait un corps auxiliaire, dont le chiffre restait à déterminer, et qui serait sous le commandement direct d'un général prussien, mais sous le commandement suprême de l'Empereur. — Glogau lui était restitué. — Elle sera dispensée du paiement de sa contribution dès l'ouverture des hostilités à cause des frais qui en devaient résulter. — L'armée prussienne pourrait être augmentée justement pour compenser le contingent employé à la guerre. — Une partie de la Silésie serait neutralisée, pour que la famille royale pût s'y réfugier et y être en repos. — Surtout l'indépendance et l'intégrité territoriale actuelle des Etats prussiens étaient garanties, et cette garantie devait être assurée aussi par la Confédération du Rhin et par le grand-duché de Varsovie.

En un mot, l'existence de la Prusse était consacrée.

Et, pour prouver l'excellence de ses intentions, le roi de Prusse écrivit personnellement à l'empereur Alexandre pour

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