I. Aff. Étr., Corr. de Prusse, vol. 248, f
3oo l'alliance prussienne
redoublement d'activité militaire à Berlin ; on travaillait fiévreusement à Spandau et dans les autres forteresses. Il y eut des manœuvres des garnisons de Berlin et de Postdam, jusque vers l'Oder, comme pour y préparer le départ de la cour au moment critique. Le bruit se répandit en effet que la cour allait partir et que déjà les objets précieux de la couronne avaient été expédiés \
On racontait autour de l'événement de petites histoires, qu'une dame de la cour l'avait raconté à son amant, qu'un officier français voulant avoir une petite écuelle en vermeil dont il avait vu le modèle à la cour, avait prié l'orfèvre de se la procurer, et qu'on lui avait répondu que tous ces petits objets avaient été emballés.
Dans toute cette agitation, l'opinion de Saint-Marsan ne changeait pas : — On sera franchement à nous si l'Empereur lèvent ; sinon, « au moindre mouvement militaire d un peu de conséquence, on tâchera de se jeter au delà de l'Oder ou même de la Vistule, selon les circonstances, et on donnera un libre essor à tout ce que la passion et la haine pour le nom français pourra mettre en jeu pour nous faire des ennemis. »
Pourtant les avertissements et les premières promesses apportés par Saint-Marsan et confirmés de Paris par Krusemark calmèrent dans une certaine mesure cette effervescence. Et le roi écrivit le 12 septembre à Napoléon- pour le remercier de ses paroles rassurantes ; il y affirma que les mesures qui avaient été prises n'étaient que défensives, qu'il avait fait comme les princes de la Confédération du Rhin ; mais qu'il avait confiance dans les promesses de la France, et qu'il allait faire suspendre les armements commencés ; il disait son espoir d'arrangements prochains.