‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 170 sur 225 · Ibid., vol. 248, f · texte numérisé non relu

Ibid., vol. 248, f

LA CRISE DE l8ll EN PRUSSE 3oi

Cependant, l'agitation se prolongeait dans certains milieux qui y mettaient de la complaisance, et on allait répétant qu'on périrait avec honneur.

A peine la lettre royale était-elle partie de Berlin, avant quelle ne fût arrivée à Compiègne, le i3 décembre, à minuit, Maret, renseigné sur les préparatifs militaires de la Prusse, envoya un exprès à Krusemark : — Il faut écrire d'urgence à Berlin pour conjurer un incendie qui va causer tant de ravages. La Russie et la France ne sont pas encore en guerre. La Prusse a un intérêt pressant à ce que la guerre n'éclate pas. Il faut donc envoyer un courrier ; jamais M. de Krusemark n'aura eu meilleure occasion de rendre service à son maître. Maret le verra d'ailleurs dans la journée, avant le dîner.

En même temps, Maret écrivait à Saint-Marsan \ Il reprenait tous les reproches qu'il y avait à faire à la Prusse, jusqu'à l'incident grave des « mesures éventuelles ». Il prévenait que l'Empereur n'ouvrirait pas une négociation dans de telles circonstances. — Donc, Saint-Marsan devait demander aussitôt à la Prusse un désarmement immédiat ; s'il ne 1 obtenait pas; il quitterait aussitôt Berlin, et la Prusse serait seule responsable de son anéantissement. Dans le cas contraire, Saint-Marsan était autorisé à entrer tout de suite en négociation sur les propositions prussiennes.

Observons en passant qu'on venait pourtant d'écrire qu'on ne négocierait pas sous le coup de cette sorte de menace.

Le même jour, sous pli confidentiel, Maret envoyait à Saint-Marsan une dépêche capitale" : — L'Empereur est déterminé à l'alliance de la Prusse. Mais il faut d'abord qu'elle révoque ses armements, et qu'on le puisse constater positivement. « Sinon, la Prusse sera victime d'une invincible fata-

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