I. Aff. Etr., Corr. de Prusse, vol. 249, P
3o8 L ALLIANCE PRUSSIENNE
dernier point fut pénible au roi; il y vit le reste d'une défiance qui, selon lui, aurait dû cesser à l'occasion d'une alliance générale et perpétuelle. — A quoi Saint-Marsan répondit que ce serait inspirer de la défiance à l'Empereur que de demander à revenir sur un traité existant.
La seconde séance, le 6 novembre, marqua un progrès. Sur Glogau, Saint-Marsan proposa que la place fût rendue à la Prusse lorsque toute menace de guerre aurait disparu du côté de la Russie, et lorsque la contribution aurait été payée. Les ministres prussiens l'admirent à peu près ; ils dirent leur espoir que la contribution pût être diminuée en quelque mesure par les frais de la guerre.
Pour l'armée ils demandèrent qu'au moins les 6.000 hommes de la garde ne fussent pas comptés dans le contingent autorisé des 42000 hommes; car, avec les 20.000 hommes à envoyer en Russie et les garnisons des forteresses, que resterait-il à la Prusse? — Saint-Marsan promit d'en référer à l'Empereur, et on se mit à la rédaction des articles.
Ici, un obstacle faillit emporter tout l'ouvrage. Lefebvre, ayant entrepris de faire une tournée pour vérifier si les armements étaient bien « suspendus », avait généralement constaté le contraire. A Kolberg, où commandait Blûcher, et après lui Tauenzien, à Marienwerder, sous Yorck, il y avait, par centaines, des recrues déguisés en ouvriers, occupés à tresser des fascines ou à refaire les routes ; beaucoup de soldats étaient logés dans les villages écartés : on trouvait jusqu'à douze hommes dans chaque maison de paysan aisé. Des généraux le confirmaient à Paris, y envoyaient le plan de Kolberg pour montrer l'importance des armements nouveaux.
C'est là que Davout reçut la fameuse lettre de l'Empereur, du 14 novembre 181 1\ qui lui donnait les instruc-