‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 175 sur 225 · I. Corr. de Napoléon, XXIII, i4-i · texte numérisé non relu

I. Corr. de Napoléon, XXIII, i4-i

LE TRAITÉ DU 24 FÉVRIER 18 1 2 Sog

tions les plus précises pour ranéantissement de la Prusse au premier signal. Saint-Marsan, de son côté, fut invité à demander très fermement des explications .

Il vit Hardenberg le 29 novembre \ Le ministre lui donna de vagues excuses ; mais il fit remarquer qu'il n'était pas le maître de contenir les « brouillons » tant que l'alliance n'était pas signée. « Croyez, dit-il, qu'encore en ce moment on ne cesse d'agiter et de tourmenter le roi en travaillant constamment à lui persuader que sa perte est jurée ; que la négociation n'a été ouverte que pour l'engager à désarmer et qu'elle ne sera jamais terminée ; que si jusqu'ici l'on n'a pas perdu la Prusse, c'était parce que l'on ne voulait pas provoquer la guerre avec la Russie ; mais que lorsque les choses en seront au point qu'elle devra avoir lieu, la Prusse sera perdue sans que l'alliance ait même été conclue, et qu'en attendant on l'aura mise hors d'état de faire même la défense du désespoir. »

Là-dessus, naturellement, Saint-Marsan conseilla de renvoyer tous ces brouillons. Hardenberg le déclara impossible avant l'alliance, mais donna sa parole que ce serait fait aussitôt après : alors Saint-Marsan indiquera lui-même les personnes qu'il faut écarter, et il n'y aura plus une ombre de défiance. « Sa Majesté souscrit aux conditions de l'Empereur et lui livre son pays en cas de guerre... Mais, jusqu'à ce que je sois assuré que l'alliance sera conclue, jusqu'à ce qu'elle le soit, puis-je me dispenser de faire attention à tous les mouvements et préparatifs qui se font autour de moi, et puisje trouver mauvais que l'on me mette sous les yeux les risques que je puis courir. »

Saint-Marsan répéta cette grande et salutaire vérité que le vrai moyen de gagner la confiance de l'Empereur, ce serait de lui en montrer une entière et sans réserve.

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