I. Aff. Etr., Corr. de Vienne, vol. 3qo, f" SSg
3a4 l'alliance autrichienne
reprendre la politique des réformes, de continuer l'œuvre de Joseph II, le développement des lumières.
On sait que les Schwarzenberg, les Metternich avaient de grands biens en Allemagne, et qu'ils ne furent pas fâchés que le séquestre en fût levé à l'occasion du mariage : il arrive que Ton gagne les hommes politiques par des avantages personnels.
Metternich fut fêté, fut gâté, pendant un long séjour à Paris. Et cela fait toujours plaisir. Il est vrai qu'à Vienne il restait du dernier bien avec la princesse Bagration, et, quoiqu'il ne soit pas nécessaire de confondre les affaires du cœur avec celles de l'Etat, Otto en gardait de la méfiance. « Plus finasseur que fin, comme disait Schouvalof », il aimait les situations compliquées pour le plaisir de les débrouiller ou d'y essayer ; il n'avait pas de scrupules encombrants, pourvu qu'il eût le pouvoir et toutes les joies qui en résultent. Il se laissait aussi conduire par les événements, et peut-être seraitil erroné de définir sa politique ; il n'avait d'autre politique que de durer, et autant que possible avec lui de faire durer l'Autriche ^
Il y avait aussi à cette politique des raisons plus hautes. L'Autriche éprouvait le grand besoin de se refaire après tant de défaites et quatre longues guerres dont elle avait porté le poids principal pendant dix années presque consécutives. Elle opéra son désarmement sans se faire trop prier. La France lui ménagea des facilités pour un emprunt. Une convention commerciale fut signée le 3o août 1810 : elle eut un accès économique par Trieste, sauf un droit de péage sur les marchands ; les grains de Hongrie furent exportés sur riUyrie ; le commerce du sel de Wielicza fut réglementé.
Le gouvernement de Vienne entra volontiers dans la voie des économies, favorisées par les réductions militaires. Car