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I. Jean d'Ussel, L'intervention de l'Autriche

LA POLITIQUE AUTRICHIENNE APRES WAGRAM SaS

la situation financière était difficile : « L'abîme des finances, écrit Otto, s'agrandit à mesure qu'on l'éclairé ». Les billets de banque étaient tellement discrédités qu'il fallut les remplacer par d'autres billets après une revision en forme de banqueroute. Aussi la politique financière du comte Wallis n'était-elle pas populaire. Ce n'est pas ici le lieu de l'exposer ; disons seulement qu'elle créait une situation politique délicate. Une caricature en diptyque circulait à Gratz : d'un côté Marie-Thérèse présentant son jeune enfant aux Hongrois ; de l'autre côté, le comte Wallis présentant l'Empereur dans ses bras, mais le laissant tomber : « Magnanimes Hongrois, vous qui avez sauvé le petit enfant, ne ferez-vous donc rien pour sauver le grand ? »

Et l'on répandait le Pater, I'Ave, et le Credo des Viennois :

« Pater : Notre père François qui chancelez sur le trône, que votre nom soit profané ; que bientôt un meilleur règne nous arrive ; que notre volonté soit faite en Autriche et en Hongrie. Donnez-nous aujourd'hui plus de pain, et pardonnez-nous nos invectives comme nous pardonnons la dépréciation des billets de banque, et ne nous abandonnez pas plus longtemps à la tentation du papier-monnaie, mais délivreznous du mal par de l'argent de convention. Ainsi soit-il ! »

« Ave : Je vous salue, émission des billets de Vienne, pleine de papier ; l'échelle de proportion est avec vous ; vous êtes maudite parmi les Hongrois et les Allemands et les nouveaux Kreutzers fruit de votre conception.

« Edit trompeur, enfant de Wallis, consolez les pauvres employés maintenant et à l'heure où ils mourront d'inanition. »

« Credo : Je crois en l'Empereur François, prince impuissant, qui voit chaque jour s'appauvrir son empire, et en Ferdinand son fils, qui n'a pas l'ombre d'esprit, qui n'est pas né d'une Vierge, qui a soufi'ert sous le baron Erdberg, a été nourri, abreuvé, bercé ; qui est tombé de cheval au Prater,

qui a été relevé de la crotte, qui est remonté sur son coursier, etc., etc.

« Je crois en Wallis et en ses billets, les députa tions réunies pour les billets d'échange et d'amortissement, la communion des Juifs et des usuriers, la chute du cours de change, la cherté de la viande et la famine. Ainsi soit-il * ! »

Ce qui était plus sérieux, c'est que la diète de Hongrie, qui avait, comme on sait, de grandes libertés, faisait à cette politique la plus grave opposition, repoussant les billets nouveaux, leur refusant sa garantie. D'où une extrême agitation, une détresse générale, de sévères représentations au gouvernement pendant toute une série de sessions ; d'où des menaces de séparation.

Les Hongrois eurent quelque idée de s'appuyer sur la Russie. Une députation fut même envoyée à Saint-Pétersbourg; ce qui donna de l'émotion à Vienne. Il fallut clore la dicte en plein désordre. On répandit le bruit que l'Autriche entrerait dans une guerre, de concert avec la France, pour avoir l'occasion de détruire les libertés hongroises. On attribua à François H l'intention de prendre le titre d'Empereur de Pannonie.

Dans la position que l'Autriche allait prendre à l'occasion du conflit franco-russe, la mission d'Alopéus offre un intérêt particulier, et les historiens y ont attribué une importance exceptionnelle'. Ses instructions sont datées du 3i mars i8io^. La Russie y fait des avances à l'Autriche, en apparence pour le bon motif, mais avec des arrière-pensées à peu près avouées. Le tsar s'y dit heureux du mariage de l'archiduchesse Marie-Louise avec l'Empereur Napoléon, parce qu'il permettra un rapprochement austro-russe, l'amitié autrichienne complétant l'alliance de France. Mais aussi il faut

1. Aff. Etr., Corr. d'Autriche, vol. Sgo, f^ 334 ; — vol. 391, P 107.

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