‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 185 sur 225 · I. Cf. ci-dessus, chap. m, par. 5, la Question du Danube · texte numérisé non relu

I. Cf. ci-dessus, chap. m, par. 5, la Question du Danube

de médiation du sultan, mais sans insister, sans se compromettre directement. La Russie la repoussa, affirmant n'avoir aucune visée au delà du Danube, affirmant donc tacitement qu'elle garderait les Principautés.

Ainsi le gouvernement de Vienne demeurait mal rassuré : la mission d'Alopéus lui avait révélé toute l'étendue des ambitions russes ; les suggestions de Champagny et de Napoléon entretenaient ses réflexions dans le même sens, l'obligeaient à prendre un parti, du moins à formuler sa politique.

Et l'on en vint donc naturellement, dans les cercles politiques autrichiens, à éprouver le besoin de l'alliance française. En novembre 1 8 1 1 , le chevalier de Hudelist vint chez Otto sous prétexte d'y apporter des dépêches et parla de la nécessité d'un accord entre la France et l'Autriche pour contenir les ambitions russes. Et Otto se réjouit qu'un simulacre dalliance entre Vienne et Paris pût conserver ainsi le repos de l'Europe. « Mais pourquoi un simulacre, réplique Hudelist avec vivacité ? Pourquoi cette alliance ne serait-elle pas réelle? Elle comblerait tous nos vœux, car le ministère n'a désiré autre chose depuis la conclusion du mariage de Sa Majesté l'Empereur. Cette alliance assurerait notre existence politique et notre crédit dans l'intérieur. Elle serait approuvée par tous les hommes sages et principalement par l'armée ; elle serait intéressante pour vous-mêmes, parce qu'elle donnerait à vos opérations en Espagne beaucoup plus de latitude et parce qu'elle frapperait de terreur les cabinets de Pétersbourg et de Londres.

«... Notre parti est pris depuis longtemps, disait-il encore ; si les Russes vous attaquent, nous marcherons avec vous, et nous profiterons de cette circonstance pour recouvrer cette portion de Galicie que nous avions été obligés de céder aux Russes \ »

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