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LA QUESTION DU MARIAGE LMPERIAL

tion et celle qui doit la suivre deux jours après, vous oublierez cnlièrement la communication que je vous fais.

« Il vous restera à nous faire connaître les qualités de la jeune princesse, et surtout l'époque où elle peut être en état de devenir mère ; car, dans les calculs actuels, six mois de différence sont un objet.

« Je n'ai pas besoin de recommander à Votre Excellence le plus inviolable secret : elle sent ce qu'elle doit à cet égard à Sa Majesté ^ »

Le lendemain, ai novembre, M. de Champagny, rencontrant le chevalier de Floret, conseiller de l'ambassade d'Autriche, qui précédait de quelques jours l'ambassadeur, prince de Schevarzenberg, engage la conversation sur l'archiduchesse Marie-Louise, fille de l'Empereur François IL M. de Floret se dérobe, n'ayant pas d'instructions, et la situation étant plutôt délicate.

N'y avait- il pas eu déjà quelques propos sur ce sujet pendant le séjour à Vienne, lors de Wagram ? Verba volant. Un agent français, M. de Laborde, était resté depuis lors à la cour d'Autriche. Le 29 novembre, M. de Metternich, récemment nommé ministre des Affaires étrangères, ouvrait l'entretien avec M. de Laborde sur cette combinaison matrimoniale : était-ce au reçu dune dépêche du chevalier de Floret ? C'est possible. En tout cas, voici le propos rapporté par M. de Laborde :

« Parmi les moyens d'union et d'harmonie des deux pays, M. de Metternich glissa dans la conversation le mot d'alliance de famille, et, après des circonlocutions et des détours diplomatiques, il a exprimé plus ouvertement sa pensée : — Croyez-vous, me dit-il, que 1 Empereur ait jamais eu l'envie réelle de divorcer d'avec l'Impératrice ? — Je ne m'attendais pas à cette question et, dans l'opinion qu'il n'avait

I. Aff. Étr., Corr. de Russie, n° 149, f" 339. — A. Vandal, II, 182.

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conçu cette alliance que relativement à une princesse de .i famille impériale de France, je répondis quelques mots vagues pour le laisser s'expliquer. Il revint sur cette question et parla de la possibilité d'un mariage de TEmpereur Napoléon avec une princesse de la maison d'Autriche. — Ceile idée, dit-il, est de moi ; je n'ai point sondé les intentions de l'Empereur à cet égard ; mais, outre que je suis comme certain qu'elles seraient favorables, un tel événement aurait tellement l'approbation de tout ce qui a quelque fortune, quelque nom, quelque existence dans ce pays, que je ne le mets point en doute, et que je le regarderais comme un véritable bonheur pour nous, et une gloire pour le temps de mon ministère. — Ayant rencontré M. de Metternich le lendemain, ajoutait M. deLaborde, il me renouvela encore les mêmes assurances'. »

Peu importe l'origine de l'initiative, à quelques jours près, vers la fin de novembre : il apparaissait dès lors que de part et d'autre les dispositions étaient favorables à une conversation. Citons encore, d'après M. Vandal, ces propos échangés à un cercle de la cour entre M. de Floret et le sénateur Sémonville, ancien ambassadeur ; c'était dans les premiers jours de décembre et l'on annonçait le mariage russe. « Eh bien ! dit M. de Floret, voilà donc qui est décidé ? Dans quelques jours nous aurons la notification officielle. — Il paraît, répondit Sémonville ; l'aflaire est faite, puisque vous n'avez pas voulu la faire vous-même. - - Qui vous l'a dit ?

— Ma foi, on le croit ainsi. Est-ce qu'il en serait autrement?

— Pourquoi pas ? » Séparés un moment par la cérémonie, les deux hommes se retrouvèrent et Sémonville reprit : « Serait-il vrai que vous fussiez disposé à donner une de vos archiduchesses? — Oui. — Qui? Vous, à la bonne heure ; mais votre ambassadeur ? — J'en réponds. — Et

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